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samedi 22 novembre 2008

ENTRETIENS D’ACTUALITÉ - CPCT

Une contribution au travail de l' ECF sur les CPCT


le jeudi 20 novembre 2008


De la misère à l’ivresse du pouvoir

Très cher JAM,

Cela a été pour moi une bonne surprise, un soulagement, qu'il y ait une réaction au recouvrement momentané, mais problématique, de l'école – son fonctionnement, sa structure hiérarchique – par le mouvement en spirale des CPCT et de leurs promoteurs.

Manque et misère

Cette spirale est déterminé par l'emplacement de son point central, qui est la misère, finalement l'aporie, le manque.

ça manque. ça manque de lieux pour entendre pour les institutions et pour le social – ça manque de psychanalyste pour les victimes de l'exclusion générée par la structure des différents lieux d'accueil – ça manque de patients pour les jeunes ou les futurs psychanalystes – ça manque de vitrine d'exposition pour la psychanalyse, de lieu d'épreuve du discours analytique à opposer méthodiquement aux évaluateurs – ça manque de lieu pour dire l'utilité de la psychanalyse et sa loyauté à l'égard de la société et de ses lois – et, pour finir, ça manque d'argent pour faire tourner les CPCT.

Cette question de l'argent, par le biais de la subvention, a été le point exquis qui a révélé la limite à partir de laquelle les CPCT courent le risque de sortir du discours analytique pour répondre à la demande sociale, institutionnelle étatique, et à son hystérie de l'urgence.

Voilà pourquoi ces Entretiens sont très précieux : ils nous montrent que les acteurs des CPCT ne sont pas massivement prêts à faire le "n'importe quoi" de convenance pour laisser les CPCT se développer à la manière de nodules cancéreux, ainsi qu'il est attendu.

Impossible de former du psychanalyste à partir des CPCT

Il n'est pas très étonnant que la question de la différence ou de la limite entre la psychanalyse pure et la psychanalyse appliquée pointe immédiatement le bout de son nez, puisqu'il est impossible de former du psychanalyste à partir des CPCT, même si ces lieux peuvent se trouver sur le parcours de la formation de psychanalystes.

Après tout, il y a vingt ou trente ans, lorsque nous commencions à exercer, beaucoup d'entre nous se sont trouvés dans la situation d'avoir à opérer des déplacements de leur pratique, et cela a permis qu'un psychanalyste soit présent dans des cadres pas tout à fait ad hoc (formation, actions auprès de publics ciblés), mais pourtant compatibles alors avec l'accueil et l'opérativité de certains registres imaginaires et symboliques. Des psychanalystes étaient là à l'oeuvre pour provoquer les sujets à sortir de cette position de plaideurs souffrants à laquelle contraignent certains lieux d'accueil (de vie, de soins, d'entraide, de rencontre...).

Par la suite, de nouvelles exigences institutionnelles d'évaluation, de chiffrage, d'affaiblissement des coûts, se sont interposées entre eux et ces publics (à la fois causes et cibles de toutes ces interventions), pour finalement éliminer leur présence du terrain et laisser en plan de nombreuses questions..

Les psychanalystes disparus

J'ai eu l'occasion de discuter avec Jean-Pierre Klotz, qui est passé me voir il y a quelques jours. Je lui ai dit que je pensais que vous aviez quelques coups d'avance, que vous vous doutiez de l'évolution que suivraient les CPCT.

En effet, on connaît les fonctionnements sociaux au niveau de la demande de subvention – qui s'effectue au coup par coup, où il s'agit de monter des coups pour des publics très restreints et de dénomination précise. Et ce sont les conditions mêmes qui ont provoqué la disparition des psychanalystes un peu partout depuis vingt ans.

On voit bien ce qu’a coûté à la psychanalyse l'erreur faite par Michel Rocard, en signant les décrets d'applications de la loi de 1985 : elle a pour effet que fort peu de psychologues se dirigent vers la psychanalyse, et qu’ils le font plus tardivement, avec une capacité de lecture sans doute moins bonne. Massivement, ils se dirigent vers les TCC qui les digèrent en deux ans.

Jean-Pierre m'a dit que vous n'aviez pas particulièrement prévu ou anticipé ce qui se passe. Quoi qu'il en soit, vous avez réagi au bon moment et au bon endroit. J'ai bien aimé l'argument des Lyonnais, small is beautiful, et qu'on les laisse rester petits...

Argent et vérité

Les CPCT ont fait apparaître que le scandale, le point de butée, c'est le fait d'avoir quelque chose à payer de sa poche pour rencontrer quelqu'un qui puisse être un opérateur de changement. Ce fait, il va falloir réussir à l'intégrer dans une réflexion globale sur la place de l'argent dans la symbolisation du désir au niveau des idéaux collectifs.

En effet, courir après les subventions, (une fois enrayé les processus de prolifération cancéreuse), n'est rien d'autre qu'un acting out. Quelle est la situation ? Le sujet se refuse à payer pour son désir, et tous les acteurs du système lui mentent – le psychanalyste aussi – en soutenant qu’il peut s’en passer, le conduisant ainsi à la misère, ou l’y fixant – j'ai assez travaillé dans le milieu de la misère pour le savoir. Cela conduit le sujet à se défausser de la vérité de son symptôme, même si le psychanalyste prétend qu'il ne saurait en être question.

C’est en fait un tour de passe-passe entre manque et profit : on vise un profit pour la psychanalyse au prix d'un relâchement éthique. Le sujet devient juste l'occasion de faire savoir que la psychanalyse existe, il ne sert qu'à sa représentation.

Pour produire cette publicité, on se met à courir derrière le plus-de-jouir de la subvention. Cela rapporte à l'Etat une tranquillité certaine du côté des psychanalystes, les subventionnés du moins – et les autres, on les oublie.

C'est à cela que, très salutairement, vous avez réagi, je crois. Est-ce qu'on en est toujours et encore à se compter?

L’ivresse du pouvoir

Vous avez réagi au bon moment et au bon endroit – mais qui d'autre, ayant réagi, aurait été entendu ?

Je me demande aussi quelle est la part de normalisation que votre intervention provoque en questionnant la dérive.

C'est tout de même franchement infect que la fuite en avant dans le "struggle for life" institutionnel ait pu avoir lieu dans des CPCT, où pourtant toutes les conditions de reprise, de contrôle et d'analyse sont en place. Cela fait bien voir que les CPCT peuvent être de l'Ecole, mais que l'Ecole ne peut être réduite aux CPCT, ni chienne, ni soumise.

De manière plus générale, il est tout de même remarquable que les problèmes de pouvoir et d'ivresse du pouvoir prennent autant de place dans l'Ecole.

Vu de loin, on dirait que dans l’École, le savoir n’est qu'un outil adéquat à acquérir du pouvoir. Et, comme toujours dans ce cas, c'est un pouvoir qui ne sert qu'à maintenir un semblant à la place du manque-à-savoir.

C'est une caractéristique de cette École, non? Et qu'il faudrait changer, je crois.

Bien à vous.

jeudi 24 juillet 2008

Du Nouvel Âne.

Le Nouvel Ane annonce la parution de son numéro 9 qui sera diffusé à partir de septembre. Quelques extraits visibles à cette adresse:

http://www.lnaglobal.org/

Dans ce contexte actuel si déplaisant, (voir Université de Psychanalyse ci -dessous), une goulée d'air indispensable en ce temps d'étouffement.

On peut également s'informer en lisant les quelques livres proposés ici, dont la version papier de ce blog, dont le numéro trois est en préparation.

J'admirais hier la pugnacité du SIUEERPP dans son adresse à Bernard Accoyer: ce dernier va-t-il se révéler féal et authentiquement porté par une volonté de vérité, dans son intention de protection du public? Ou bien le Président de l'Assemblée Nationale va-t-il, de son perchoir, dénoncer les engagements de fidélité pris envers les victimes, qu'il prétend si nombreuses, des charlatans dénués de diplômes hébergés par la laxité de l'administration envers les psys? Là où chacun s'étonne de voir avec quelle facilité les diplômés se transforment en charlatans dès qu'ils abordent le domaine psy, s'octroyant des titres inexistants d'expert ou de spécialiste en telle matière d'enfance, d'adolescence, de tel symptôme, Bernard Accoyer reste persuadé que ce sont les quelques sous-diplômés qui génèrent tant de plaintes si évidemment fondées... Alors, Accoyer ira-t-il jusqu'à se ranger derrière ceux dont la volonté de nuire à la psychanalyse est évidente et déclarée, en se protégeant derrière la grille du silence ou pire, du faux-fuyant en réponse à cette interpellation publique?

Eh bien voilà, parmi les surprises que l'été nous réserve, (1- que va-t-il advenir de l'enseignement de psychanalyse dans les universités, 2- comment les associations de psychanalyse vont-elles se positionner par rapport à la nouvelle université de psychanalyse, 3- qui est Bernard Accoyer révélé à la lumière de l'interpellation du SIUEERPP?), de quoi méditer en se préparant à l'action, puisqu'il y a un point de non-retour après lequel les mouvements vont se précipiter, on le souhaite de manière cohérente et organisée, structurante pour l'avenir de la psychanalyse et des dimensions de la culture avec lesquelles elle est en prise directe, (fait qui semble bel et bien avoir été totalement négligé par ses adversaires aveuglés par la haine et guidés par la bêtise.

DK

mercredi 18 juin 2008

Qui s'y colle... (à l'examen des décrets)...

Comme cela, livré sans commentaire, pour information, cette nouvelle proposition de décrets d'application nous livre une opacité qui ne se dissout qu'au prix d'une lecture juridique rigoureuse, patiente, régulière . J'ai pu observer durant toutes ces années que sur ce forum comme sur tous les sites associatifs, il n'y a eu qu'une et une seule personne pour mettre sa compétence en matière de droit public au service des personnes intéressées et des associations, et ce de manière constante .


C'est un travail gigantesque qu' a entrepris François-Régis Dupond Muzart, connu également sous ses initiales frdm, tous ses commentaires étant à disposition sur le site LTA.frdm.fr . Depuis qu'il s'est aperçu de la situation juridique particulière de la psychanalyse, au point qu'il n'en est pas encore revenu, François-Régis continue, quotidiennement, à suivre l' affaire, et cette affaire, personne dans le champ psy n' y comprendrait quoi que ce soit sans ce travail . Etant donné qu'à la connaissance de tous, il n' y a strictement aucun autre juriste compétent en droit public qui se soit penché, et avec quelle générosité, et avec quel courage sous les horions, sur cette loi et ces décrets d'application en tant qu'ils nous concernent très concrètement, il est étonnant qu'il faille le rappeler à chaque tournant, il y a là quelque chose que les psys ne veulent pas savoir, et qui concerne la délimitation juridique de leur praxis, et qui se présente comme un refus de la castration symbolique. Je ne puis que les renvoyer à leur examen intime .


Et j'en ai lu, durant ces quatre ans et quelques, des réactions de rejet, d'incompréhension, et j'en ai vu, des haussements d'épaules, et jusqu' à des diagnostics jetés à l' emporte pièce sur la personne, avec pour seul point d'appui qu' il [frdm] se permette, alors non encore psychanalyste, de parler de la loi, et ceci, ces « jugements » cliniques, énoncés par des ex-membres de l'école freudienne de Paris, et de ceux qui nous jouent de l'éthique comme de l'harmonica blues ...


Alors, faut-il encore le préciser, si vous voulez apprécier ce que ce décret, tel qu'il est écrit pour l'instant, nous retranche, il vous faudra recopier l'adresse

http://www.lta.frdm.fr/20080613-Recapitulatif-sur-projet-de-decret-Art-52-du-3-juin-2008-soumis-au-133

et prendre la patience de lire précisément et en détail la lecture qui en est faite .


Vous apprendrez ainsi que les discussions et allées et venues continuent au ministère de la Santé, et que, malgré les indications, critiques, commentaires faits [par frdm] selon les procédures juridiques adéquates, dépôts de mémoire, etc, les rédacteurs du ministère restent curieusement maladroits dans leurs formulations, allant jusqu'à rédiger des décrets illégaux, prévoyant des « dispenses de formation », et laissant le sort des psychanalystes désirant venir s'inscrire, -sur ces listes de psychothérapeutes, pour des raisons que l'on a encore du mal à cerner, tant la situation concrète de l'emploi des psychothérapeutes par les services publics reste floue- , laissant leur sort à l'arbitraire administratif, et laissant en place une situation dans laquelle, aux yeux du public, les psychanalystes inscrits sur ces listes et eux seuls passeraient pour les psychanalystes certifiés par l'Etat, alors même qu'il n'y a aucun moyen de savoir ce qu'aura été leur formation, puisque dans une telle situation n'importe quoi peut apparaître comme psychanalytique .


Sur ce dernier point je ne puis que tirer une seule conclusion solide : les petites associations auront intérêt à se fédérer ou à s'associer à l'AMP ; les psychanalystes un par un devront la survie de leur praxis au fait d'accepter de s'impliquer davantage dans les associations, et c'est plus ou moins la fin des psychanalystes isolés; je précise que je ne vois là aucun drame, le déballage des dernières années leur a permis de s'exprimer et à mon sens, ils ont été entendus, tout le monde a compris en même temps que quelque chose devait changer et que les procédures devaient être revues à la lumière de cette apparition spontanée et non institutionnalisée même après coup, d'un grand nombre de psychanalystes qui se disent lacaniens, ils ont été entendus, puisque de manière très large, dans les associations, les procédures sont en quelque sorte mises en examen, j' ajoute qu'il était temps .


Il est étonnant que la mise au point d' une psychanalyse inscrite dans son temps ait été favorisée par l' adversité d'un député pugnace, cerné par ses arguments auto-référents et logiquement irrecevables, pour autant plus qu' on veuille bien se pencher sur les conditions de la fabrique, où l' on s'aperçoit que les psys ne sont qu' une toute petite pièce de la machine à décerveler qui s'est mise en place1 .


La lutte contre cette méthode de gestion des foules, qui s' oppose à toute conception soit démocratique soit républicaine, n' a rien à voir avec la lutte de pur prestige des uns montés contre les autres, malaxée du dehors du « carré psy », qui rentrait dans les intérêts du calcul gestionnaire . C' est une lutte froide, sensée, vitale, où chacun doit à sa pratique l'examen des conditions de son maintien, au-delà de l'exposé du bien fondé de chaque méthode, puisqu' il y en a d'autres que freudiennes sur le terrain . Et c'est précisément là qu' historiquement la compétence des psys d'aujourd' hui sera jugée à l' aune de leur capacité à résister pied à pied au malaxage du champ psy par le pouvoir, pour le maintien en soumission des foules, sans le moindre respect pour les institutions qu'elles se sont construites au fil du temps, qui n' ont jamais été juste au service des gouvernants .


Alors à l'heure où ceux-ci voient leur chemin de Damas dans la pensée gestionnaire et pensent la politique dans des termes de justification comptable servie aux électeurs, on ne peut guère s' attendre à voir apparaître une société pacifique et productive ; il serait même temps que les politiciens viennent recevoir des leçons, de ceux-là même auxquels ils pensent avoir à en donner, au prétexte d'un savoir haché ramassé sans critique lors d'un séminaire de gestion de fin de semaine, et reçu dans des conditions de transfert exacerbé par le prestige alloué par le luxe de déclarations emphatiques de la plaquette publicitaire du séminaire en question .


A bon entendeur salut .


DK

1Voir http://la-liste-noire.nouvelle-religion.fr/9.html toutes les pages sont à lire...

jeudi 14 février 2008

20080213 - INPES – DEPRESSION – 11- Dormir sur ses deux oreilles rend fou.

Imaginez-vous ceci : vous vous allongez dans un endroit calme, reposant. Vous ne pensez à rien de particulier. Vous sentez vos jambes, vos bras, qui reposent tranquillement sur le doux matelas dans cette pièce tempérée et agréable. Vous sentez le contact de votre dos avec le matelas, relaxez-vous de plus en plus. Sentez le contact de votre tête avec l'oreiller. Ecoutez calmement la suggestion qui vous est faite de dormir sur vos deux oreilles. Et rien ne va plus. Vous vous retournez, afin de poser une oreille sur l'oreiller. Vous cherchez le contact de la deuxième oreille avec l'oreiller et vous vous retournez. Impossible malgré tous vos efforts de parvenir à poser simultanément les deux oreilles sur l'oreiller afin de dormir selon la manière qui vous est suggérée, paisiblement, de cette voix tranquille et lénifiante, si agréable à écouter dans la retraite construite par la voix omniprésente et persuasive. Vous aller conclure un peu vite que dormir est impossible et que toute vélléité de sommeil rend fou. Vous n'allez pas tarder à entendre qu'un traitement s'impose car à n'en pas douter, vous êtes déprimé.


Qu'est-ce donc que cette expression dont la réalisation concrète est impossible, sinon par le biais de la troisième oreille, et comment donc évaluer l'expression? Valez-vous bien de dormir sur vos deux oreilles ? Il s'agit à n'en pas douter d'une métaphore, c'est à dire, d'une expression dont le sens est porté plus loin : il ne s'agit pas là des oreilles, mais de ce qu'elles vous permettent d'entendre. Ce qui vous est proposé est de dormir sur ce que vous entendez, et surtout de ne pas mettre la pression critique sur le sens de ce que vous entendez. Sans quoi évidemment vous ne dormiriez que d'un oeil.


Qu'est-ce qui, donc, dans cette campagne organisée par l' INPES pour vous confronter de manière massive et persistante à la suggestion que vous pourriez être déprimé, a réveillé les psychanalystes autour de Jacques-Alain Miller ?


Ce n'est pas tant que l'organisation de cette campagne follement et très inutilement coûteuse induise la reprise et la massification de cette thématique dépressiogène par les revues plus ou moins people, de l'Express à Gala en passant par les magazines féminins, télévisuels et psychologiques, le Nouvel Obs et Doctissimo, et ait un véritable effet de propagande destinée à nous convaincre que décidément, rien de concret dans la vie sociale, politique, économique et culturelle, dans la France actuelle, ne pourrait se présenter comme cause tout à fait réelle de tristesse et de douleur morale, comme cause de ce sentiment que les choses se situent plutôt bas par rapport à quelque chose de plus haut antérieurement éprouvé, et ineffaçable, que l'on appelle cela mai 68 et de tous ses voeux, ou autrement.


Ce qui détermine la prise de position de ces psychanalystes, c'est que le discours qui est tenu sur cette dite dépression, ce nouveau nom donné au constat que le citoyen est délesté de son pouvoir de désirer, de manquer, pour s'offrir comme regard envieux à l'étalage massif de la jouissance du pouvoir, et que, d'autre part, ce discours on ne peut plus officiel situe cette déconvenue, ce dégoût, comme une maladie du corps, à présenter au médecin et à traiter par la pharmaco-chimie, à quoi les « bonnes pratiques » contraignent celui-ci.


Déconvenue et déception, ces deux grands affects du corps social actuel, se sont donc très maladroitement trouvé posés comme réactions maladives, comme s'il était évident pour tous que le spectacle que la société se donne à elle-même devait nécessairement plaire : si vous n'obéissez pas à l'injonction de trouver l'époque agréable, et l'estimez contrainte, vous n'êtes pas contrit, mais déprimé; et encore, vous dit-on, ne s'agit-il pas de névrose actuelle, que l'on pourrait vous conseiller de traiter par la psychanalyse : l'INPES fait le faux-pas supplémentaire de vous dire qu'il s'agit d'une maladie du corps, dont le contenu psychologique ou psychique éventuel est un épiphénomène, à traiter par le mépris et dans l'urgence.


De cette campagne bâclée, contre-productive, inutile, et orientée selon les préceptes sectaires d'une théorie psychologique, la pièce centrale est le cognitivisme, qui peine à asseoir son emprise dans les universités par autre chose que la désinformation clinique et par lobbying, et il faut maintenant conclure ce onzième et dernier volet par le rappel à l'opinion publique que c' est avant tout pour permettre que l'on puisse continuer à se parler sans courir le risque de tomber dans les pièges de l'influence manipulatrice y compris en clinique, que les cliniciens, chercheurs, enseignants et intellectuels se sont mobilisés, à l'appel lancé par Jacques-Alain Miller à travers forumpsy ou d'eux- mêmes : le mouvement est lancé, et il atteindra son but, qui est que l'on cesse de traiter l'humanité comme une variété de rats de laboratoire. L' INPES a été pris la main dans le sac. Il serait temps que les journalistes diffusent les résultats de leurs investigations.


DK

mardi 29 janvier 2008

20080128 - INPES ET DEPRESSION - 9 QUE RESTE-T-IL, DE NOS AMOURS?

En retard, je suis toujours en retard... Mais à quelque chose malheur est bon: le lien sous le titre ci-dessus renvoit à l'interview de Jacques-Alain Miller par Eric Favereau dans le quotidien Libération du 19 Janvier. (Cliquez sur le titre pour le lire...)

Pourquoi donner à lire cet interview quelques jours après sa parution? Tout simplement parce qu'il reste d'actualité. Il y a bien sûr quelques ponts-aux-ânes, ("Miller controversé"? Miller controversé, Miller contesté, Miller détesté, mais Miller libre!), mais s'agissant de lui, il n'est rien de plus assuré qu'il y ait quelque lien avec l'âne, et du reste , on préfère ici n'importe quel âne à l'ANAES, de triste mémoire pour les psychanalystes, mais pas seulement pour eux, parce qu'avec la mise en place des protocoles d'évaluation, de soins, et leur généralisation, l'hôpital se moque de la charité, et plutôt que de parler de généralisation de ces protocoles, c'est à se demander si le terme de maréchalisation ne conviendrait pas mieux.

Donc, Mutualité, Mutualité, et Mutualité...

Ce qu'il reste de nos amours? Une chanson de Trenet pour les uns, la dépression généralisée pour les autres...


Jacques-Alain Miller a dit : "se replier serait mortel pour la psychanalyse"; alors déplions-nous mutuellement!

DK

liens url:

1) titre: http://www.liberation.fr/transversales/weekend/304830.FR.php
2) lien avec l'âne: http://forumpsy.blogspot.com/
3) on préfère: http://www.has-sante.fr/portail/display.jsp?id=j_5
4) mutualité 1: http://forumpsy.blogspot.com/2008/01/lindustrie-du-mdicament.html
5) 2: http://forumpsy.blogspot.com/search/label/La%20campagne%20info-d%C3%A9pression
6) 3: http://forumpsy.blogspot.com/2008/01/communiqu-19-20.html
7) chanson de Trenet pour les uns: http://www.youtube.com/watch?v=6Q1XoKwXvCY

mardi 11 décembre 2007

une anthologie pour la psychanalyse, chez Buvard & Désencré

Le premier n° de l'anthologie de psychanalyse de Buvard & Désencré vient de paraitre, le numéro 1 est sorti; une nouvelle manière de présenter la psychanalyse, plus fluide, une édition en flux tendu; ce numéro comporte 88 pages brochées, dans un beau format 21.56 x 21.56 cm. C'est le lancement d'une aventure à laquelle on souhaite beaucoup de péripéties, une revue populaire, belle et distinguée, prix ramené au plus bas afin de rendre toutes ces écritures généreuses accessibles à la fréquentation des jeunes et des étudiants. L'équipe rédactionnelle est très ouverte, tend à s'étoffer rapidement. La ligne éditoriale est la ligne claire: présenter le rapport vivant que chacun entretient à cette lune-bévue du champ freudien, que Freud appelait l'inconscient, l' Ics, comment celui-ci se manifeste, comment l'on s'en accommode, au plus près de la structure du mot d'esprit. Cette anthologie est le complément simple et luxuriant des underground papers de l'essentiel. A partager, si vous voulez bien...

DK

samedi 1 décembre 2007

20071201 - Campagne dépression INPES – 7 - Extraite des chiffres, docteurs, la vérité, c'est un sophisme!

On pourra se frotter les yeux d'incrédulité: mais qu'est-ce que ce qui suit vient faire ici, sous le titre « Campagne dépression INPES – 7 - Extraite des chiffres, docteurs, la vérité, c'est un sophisme! »? Ce que « cela », cette réaction au grignotement de la vie privée, a à voir avec la dépression version INPES, c'est que cette mobilisation contre les abus d'autorité est une voie de guérison dans un pays malade de son inertie, de sa passivité, de ses compulsions à l'enfermement. On pourra dire que « cela » est hors-champ de la psychanalyse; eh bien qu'on le dise alors, mais qu'il y ait de l' hors-champ de la psychanalyse, c'est justement ce qui donne du champ au champ freudien. Il faut donc faire un écart pour comprendre; que cette coexitence pacifique entre la dépression-maladie-version INPES, et l'investigation illégale et abusive dans la vie privée, sont les deux faces d'un même chiffrage de la méthodologie en matière de décision politique. Et cela, relève précisément d'une conception où les psychanalystes ont tout à fait à marquer leurs positions.


Bon, le temps passe et on oublie les choses; pour se rapprocher du point de départ:

http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/articles.php?lng=fr&pg=189

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J'ai reçu, ce matin, ce qui suit:

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Merci de faire circuler cette info

Quand l’imagination est au pouvoir… du racisme et de la haine elle est sans limite !

Fraude à l’identité ! extraordinaire ça ! ce qui ferait l’identité d’un être humain c’est sa nationalité, et non ce qu’il est, les signifiants qui les représentent, comment il les fait vivre auprès des autres. L’identité ramenée à des traits et des documents, objectivables ! Une identité évaluable ! Vichy n’est pas loin….et les sombres pratiques des terribles heures de notre histoire non plus.

Ce qui fait la nationalité c’est d’être inscrit sur le registre de la nation. Chacun est donc peu à peu réduit à un ensemble de chiffres.

Agents référents, réseaux, plan… ça ne vous dit rien ? Partout nous baignons dans ces mots qui engluent toute vie

« Tout va pour le mieux dan le ire des mondes possibles » comme dit Philippe Sollers

Bien amicalement

Philippe Cousty

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La Préfecture de la Haute Garonne bafoue le secret professionnel des fonctionnaires et agents publics et le droit au respect de la vie privée et renforce l’organisation de la chasse aux étrangers


APPEL AUX SECTIONS, FEDERATIONS ET REGIONS.

La Préfecture de Haute-Garonne met en place, sous couvert de « lutte contre la fraude documentaire », un processus de signalement des étrangers en situation irrégulière aux services de police.

Vous trouverez ci-dessous le texte du communiqué que la section de Toulouse a publié, avec une forte couverture médiatique locale.

Les informations dont nous disposons indiquent que ce projet concerne l’ensemble des départements.

La CNIL est d’ores et déjà saisie par la LDH au niveau national.

Nous vous demandons d’enquêter dans votre ressort géographique, à la mesure de vos moyens d’investigation, sur les initiatives qui seraient prises à ce sujet.

Vos relais syndicaux seront certainement utiles

Et de nous faire remonter dans les meilleurs délais vos constatations.

Merci à toutes et tous de votre diligence.

Contact : communication@ldh-france.org - tel 01 56 55 51 07

Toulouse, le 27 novembre 2007

La Préfecture de la Haute Garonne bafoue le secret professionnel des fonctionnaires et agents publics et le droit au respect de la vie privée et renforce l’organisation de la chasse aux étrangers

Une note interne fait apparaître que, sous prétexte de "lutte contre les fraudes", la Préfecture de la Haute-Garonne tente actuellement de mettre en place, dans le plus grand secret et dans le mépris du secret professionnel des fonctionnaires et du droit des citoyens au respect de leur vie privée, un système d'échange d'informations entre tous les services administratifs et de dénonciation aux services de police et de gendarmerie par l'ensemble des fonctionnaires et agents des services publics du département.

Sous l'égide de la Direction de la réglementation et des libertés publiques de la Préfecture de la Haute-Garonne, est mis en place un "groupe de référents départementaux et des organismes sociaux en matière de lutte contre les fraudes à l'identité". Des agents "référents" de la CPAM, de l'URSSAF, de la CAF, des services fiscaux, des ASSEDIC, de l'ANPE, de la CRAM, de la DTEFP, de la DDASS, de l'ANAEM devront participer à une formation organisée par la Police de l'Air et des Frontières (PAF). Selon cette note, les agents des administrations devraient notamment faire appel à la PAF, à la police et à la gendarmerie à chaque fois qu'ils auront un simple doute sur l'authenticité des documents qui leur sont présentés par les administrés, contrôler l'identité des patients. De plus, dans une note datée du 10 octobre 2007, la Direction de la réglementation et des libertés publiques, qui, sous prétexte d'efficacité, souhaite agir dans la confidentialité, forme le vœu d'une extension des fichiers au niveau national et de "la possibilité de croiser les informations sans croiser les fichiers nationaux car interdiction de la CNIL" en instituant des réseaux de correspondants dans chaque organisme ou administration.

Il est prévu que les entreprises publiques ou remplissant une mission de service public soient également impliquées.

Dans une note préalable, la Préfecture de Haute-Garonne annonçait clairement que cette initiative, répondant à une « logique de réseau », se situait dans le « plan de lutte contre les fraudes commises par des ressortissant étrangers».

La note du 10 octobre implique, entre autres incitations :

- l’identification des personnes en situation irrégulière ou d’éloignement

- les fraudes à l’hébergement, la « couverture » de situation irrégulière

- l’amélioration du contrôle de la résidence déclarée

La Police aux frontières (PAF) est le maître d’œuvre de ce dispositif.

Il s’agit donc bien d’organiser, au niveau des organismes sociaux, un système de signalement systématique, et de faire de leurs agents des auxiliaires de police.

.

Il est symptomatique que la Justice, en l’occurrence le Procureur de la République, soit absente du processus envisagé, les seuls interlocuteurs désignés étant les services de police.

Les organisations signataires s'insurgent contre cette nouvelle tentative de bafouer, hors de tout cadre légal et dans le plus grand secret, le secret professionnel auquel sont soumis les fonctionnaires, qui protége l'usager du service public contre la divulgation d'informations à caractère secret. Le respect de cette obligation est le corollaire du respect de la dignité de la personne humaine, principe doté d'une valeur constitutionnelle, et du droit de tous les citoyens au respect de leur vie privée.

Après la loi Perben II du 9 mars 2004 et la loi sur la prévention de la délinquance du 5 mars 2007, les atteintes au secret professionnel sont désormais renforcées par de simples pratiques et notes administratives sans valeur légale.

Une telle initiative indique très clairement que se poursuit, en la renforçant, une politique de « xénophobie d’Etat », par la mise en place de fichages et d’incitation, voire d’obligation administrative, à dénoncer des situations irrégulières ou anormales. En l’occurrence, tous les citoyens et personnes résidant sur le territoire national sont menacés.

SIGNATAIRES au 27/11/2007 :

CGT, Union départementale 31, FSU 31, Ligue des droits de l’Homme – Toulouse, Solidaires 31, Syndicat des avocats de France, Toulouse, Syndicat de la Magistrature, Toulouse, UNSA Conseil Général 31, UNSA Education

Notre site
http://resf71.charolles.info/


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Ndé: voir aussi à propos du non à Vichy, un échange en 2004 , entre différentes personnes soucieuses de maintenir un écart entre les psychanalystes et les pouvoirs publics.



vendredi 16 novembre 2007

20071009 CAMPAGNE DEPRESSION INPES : PSYCHANALYSE DE L'INPES

Le traitement de masse de la dépression bat la campagne; communication de la dépression

10. Psychanalyse de l'INPES.



Je projetais hier d'écrire quelque chose sous ce titre, "psychanalyse de l'INPES"; je le ferai peut-être ultérieurement: entretemps j'ai eu entre les mains le numéro 7 du Nouvel Ane, absolument indispensable, arrachez-vous les derniers exemplaire.
Il est évident que j'ai été coiffé au poteau par Jacques-Alain Miller, qui dans un morceau d'anthologie intitulé "Propagande massive pour dépister la dépression: la France rattrape son retard", en fait, pages 17 et 18, (voir un cas clinique, un second cas clinique), une analyse incontournable et d'une rigueur implacable. Voilà ce que les médecins devraient connaître avant de se fier à l'INPES; je le cite :

"[... ] il serait d'intérêt public que l'Institut national de prévention fût promptement réformé dans ses pratiques, son style et sa personnalité institutionnelle. La manière dont la campagne a été préparée, dont elle a été présentée aux associations, en tous les cas à l'Ecole de la Cause Freudienne, et dont enfin elle a été lancée, dans la certitude de provoquer une réaction antagonique déterminée (la nôtre) est empreinte d'une telle ineptie qu'elle ne saurait s'interpréter que d'une seule façon : c'est l'appel au secours d'une institution qui est à bout et qui demande à en finir, à en finir avec sa souffrance. Bref, c'est une tentative de suicide."
(Jacques-Alain Miller, Le Nouvel Ane n° 7, Octobre 2007)

« ...Quand j'ai dit, comme ça, l'autre jour, que 1a science n'est rien d'autre qu'un fantasme, qu'un noyau fantasmatique, je suis, certes, mais au sens de « suivre » et, contrairement à ce que quelqu'un comme ça dans un article a espéré [voir leçon du 15 novembre ρ. 12 article de J. Β. Pontalis dans Le Monde], je pense que je serai suivi sur ce terrain. Ça me semble évident.

La science est une futilité qui n'a de poids dans 1a vie d'aucun, bien qu'elle ait des effets, la télévision par exemple. Mais ses effets ne tiennent à rien qu'au fantasme qui, écrirai-je comme ça, qui hycroit. La science est liée à ce qu'on appelle spécialement pulsion de mort. C'est un fait que 1a vie continue. grâce au fait de 1a reproduction liée au fantasme. Voilà. (...)



séminaire « le moment de conclure »

Lacan, le 20 décembre 1977




vendredi 3 août 2007

L'ouverte, ou du moins décachetée...

Ci-dessous, une ébauche ancienne, lettre ni fermée ni ouverte, que je livre là sans plus de commentaire ou d'autre justification, que de souligner que le temps ici n'a pas encore fait son oeuvre, et qu'une question reste entamée.


20/04/04


Lettre ouverte au sénateur qui me représente (?).



L’inconscient existe-t-il ? Telle est la question qu’il convient de poser avant d’entamer une démarche de réglementation de son champ. Mais le législateur est-il qualifié pour savoir y répondre? Sans doute serait-il ahuri de constater la prudence qui est convenue chez les psychanalystes pour en répondre, et sans doute tout aussi étonné et ébaubi des différences, divergences et contradictions dans leurs propos sur cet « inconscient » dont le débat à présent séculaire, paraît sorti des rails de la raison pour se glisser dans ceux de la raison d’état.


Je ne puis qu’être peiné de ce fait, puisque l’un des premiers enseignements de la psychologie clinique, est que le délire ne consiste pas à sortir des rails, mais à croire qu’il y a des rails. Si l’inconscient n’existe pas, la réglementation court le risque d’entériner des pratiques fondées sur un savoir inconsistant. Si l’inconscient existe, la réglementation court le risque de figer les pratiques qui lui sont relatives sur des positions qui rendront son investigation et sa prise en compte impossible.


La psychanalyse, elle seule, est la méthode d’investigation de l’inconscient inventée et sans cesse réenvisagée à la lumière de ce qu’il laisse apparaître et élaborer théoriquement. Elle ne vise pas principalement les effets thérapeutiques qu’elle obtient et qui peuvent parfois venir à l’appui de ses développements théoriques, mais jamais sans le risque de l’artefact : il n’y a aucune autre approche susceptible en effet d’expliciter raisonnablement l’effet placebo auquel l’on doit tant de succès thérapeutiques indéniables ; alors je frémis des conséquences possibles d’une réglementation de son approche.


Il existe indéniablement une grande quantité de méthodes de psychothérapies dont la visée est l’application des explorations de l’inconscient menées dans le cadre des cures psychanalytiques à un certain nombre de buts jugés thérapeutiques. J’y vois frapper les deux faces de la monnaie du malentendu. D’une part ces psychothérapies ne sont pas toujours menées par des personnes formées par et à la psychanalyse, ce qui a pour conséquence qu’il y a souvent une référence à l’inconscient sans les moyens de son repérage, ce type d’écoute qui ne se transmet que du divan. D’autre part et même lorsque ces psychothérapies sont menées par des personnes dont la référence à l’inconscient freudien est authentique, l’adaptation de la cure à des buts déterminés à l’avance réduit l’espérance raisonnable des personnes qui s’y soumettent à une confiance aveugle et préliminaire en un jugement du thérapeute, estimé supérieur à celui auquel une cure psychanalytique pourraient les mener à construire, porté sur leur propre bien : et vous voyez ici comme l’argument d’une éthique de la psychanalyse se situe sur un terrain entièrement sapé par les développements de la psychanalyse elle-même.


L’amendement dit Dubernard, intégré à l’article 18 quater de la loi sur la santé publique, dans ce qu’il propose de réglementation des psychothérapies, a différents travers que je vais tenter de vous présenter. Mais n’attendez pas de cela une prise de position déontologique, dans la mesure où il ne s’agit pas de défendre les intérêts supposés d’une profession, surtout au détriment d’une autre, mais simplement de vous convaincre que le législateur doit laisser à la psychanalyse les moyens de persister, en confiant au temps nécessaire aux débats théorico-cliniques la responsabilité de trancher la question de son intérêt éthique, culturel, humanitaire, et, si l’on veut, scientifique ?


Il y a deux points très importants que je ne discuterai pas ici, parce que tous les arguments en ont déjà été donnés, la question de la formation et du sort des psychothérapeutes ailleurs que dans les sociétés de psychanalyse, et celle des psychanalystes non régulièrement inscrits dans ces associations, dont l’existence est nécessaire à la survie du débat entre sociétés, et dont l’apport à la psychanalyse est historiquement, indéniablement reconnu.


Je commenterai ici deux aspects indissociables de cet amendement. Le premier est la responsabilité donnée aux associations de psychanalystes (entre autre possibilités) de la formation des psychothérapeutes. Le second étant cet espèce de schisme qu’il imprime de l’extérieur et par contrainte légale, dans le fonctionnement des associations de psychanalyse, entre psychanalystes et psychothérapeutes.


La responsabilité donnée aux associations de nommer, donc de former des psychothérapeutes, nécessite de déplier un commentaire. Je vous propose un classement de ces associations selon leurs modalités, en trois types.


Le premier type concerne les associations de psychanalystes, où l’on demande une formation avant d’avoir été psychanalysant ; où en général le psychanalyste est désigné au candidat à la formation après examen de ses dispositions, capacités et conformations préalables ; et où la formation est présentée comme un cursus incluant un certain nombre de séances minutées, des séminaires et une formation dite clinique consistant en un stage hospitalier. Dans ce type de sociétés à formation standardisée, l’on accède à un titre de psychanalyste par voie d’habilitation cooptative ; les capacités caractérielles du psychanalyste et les modalités de son acte y sont supposées connues et irrémédiables : au point que l’on peut dans ces sociétés refuser un candidat par certitude de ne pouvoir aborder cliniquement les composantes de son caractère de manière à le rendre apte à l’acte psychanalytique, ce qui en dit long sur la profondeur atteinte par la cure. Les candidats jugés aptes entament donc leur formation dans la quasi-certitude de leur devenir, pour autant que leur caractère justement les rende aptes à la soumission exigées aux aînés car ils dépendent de leur jugement. Ce type de formation n’est évidemment pas sans lien avec certaines conformations cliniques, et a été discuté et critiqué depuis une bonne cinquantaine d’années, discussion dont la conclusion est que la psychanalyse ne saurait se réduire à être représentée par ce type de sociétés seul.


Un deuxième type d’association est ouvert aux psychanalystes, aux psychanalysants et à toute personne intéressée à la psychanalyse. La formation passe pour y être essentiellement constituée de la cure psychanalytique. Ces associations ne conçoivent pas que le futur psychanalyste soit tenu à une demande de formation préalable à sa position de psychanalysant, cette demande étant considérée comme un fait qui requiert un entendement clinique. On y accède à la fonction et non à un titre, de psychanalyste par habilitation cooptative, le psychanalyste étant simplement désigné comme étant d’une de ces sociétés. Y coexistent également des psychanalystes non habilités par ces associations, parce qu’il n’ont pas demandé d’habilitation. C’est à dire que dans ces associations l’on ne considère guère que les psychanalysants aient à s’adresser à une association pour obtenir une liste qui ne vaudrait guère, n’étant garantie, et encore, que par ces associations elles-mêmes.


Troisième type, assez proche du second, ouvert à tout un chacun, où le « candidat » serait également renvoyé à l’examen de sa demande dans un cadre clinique, mais où la divergence qui se manifeste est que l’on y considère que « le psychanalyste ne s’autorise que de lui-même…et de quelques autres ». C’est dire que la passe qui est mise en place pour nommer son candidat à un titre de « psychanalyste de l’école », -école qui lui reconnaît ou pas, selon les associations, le titre ou la fonction de psychanalyste dans le social-, n’y est pas jugé un préalable nécessaire à l’exercice de la psychanalyse. C’est dire également que les listes de membres n’y ont qu’une fonction interne essentiellement de communication des activités des membres de ces sociétés, même si cette communication est adressée dans des cercles plus larges.


Cette typologie imparfaite et volontairement non nominative vous permettra d’apercevoir que les conséquences de l’amendement Dubernard vont jouer paradoxalement dans la vie de ces sociétés savantes.


Il y a deux faits à reconnaître. Le premier est que les deux derniers types d’associations présentés et les personnes qui les fréquentent plus ou moins régulièrement sans s’y inscrire représentent à peu près les neufs dixièmes des psychanalystes en exercice. Le deuxième fait est que ce qui distingue résolument ces deux derniers types de sociétés du premier, c’est le sens donné au terme de « formation clinique », réduit pour le premier type à un stage hospitalier qui n’a rien de spécialement référé à la psychanalyse, entendu pour les deux autres types comme l’ensemble constitué par l’apprentissage de la méthode d’entendement freudien par le biais de la cure personnelle, des échanges lors des rencontres, et de la confrontation à l’expérience dite du « contrôle ». Où les pratiques institutionnelles et l’indiscrétion du cabinet fermé par des miroirs sans teint sont jugées contre-productives pour un rapport juste à l’inconscient.


DK







mercredi 11 juillet 2007

Info : de JAM, Forum des Psys, Mutualité.

" Chers collègues,

La série des « Forums des psys » a vocation à reprendre, en fonction de l’actualité.
Les innovations dues au nouveau gouvernement justifient d’ores et déjà de prévoir un Forum pour les 29 et 30 mars 2008 à la Mutualité.
Le programme en sera fixé fin janvier. Mais il ne serait pas inutile que vous teniez compte dès maintenant de ces dates, et que vous les fassiez connaître autour de vous.

En vous remerciant, je vous adresse mes cordiales salutations.

Jacques-Alain Miller


Paris, le 6 juillet 2007"