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lundi 26 mai 2008

Précis et judicieux


J'ai une proposition à vous soumettre.


Si, lorsque vous demandez à un médecin que vous consultez de vous prescrire un scanner parce que vous pensez que vous êtes atteint d'une maladie grave, un cancer, et que celui-ci vous rassure de quelques bonnes paroles qu' il n' y a aucune raison de faire un examen, vous laisse partir sans prescription, diagnostic, examen ou conseil d' aller consulter un autre médecin, faites-le savoir, fuyez sa consultation, et consultez autant qu' il faudra jusqu' à ce que les avis convergents auront assez de solidité et d'étayage pour vous convaincre au cas où rien n' est détecté.


Cela vous sauvera sans doute la vie.



Certains médecins en effet se sont fait une idée idéalisée et aberrante des " bonnes pratiques " que la triste gestion droitière, calculatrice mais piètre comptable de la sécurité sociale soumet à leur exercice, -ce dont ils peuvent très largement se décoller-. D' autres médecins sont hélas très incompétents. D' autres encore ont des comptes à régler pour des raisons transférentielles avec certaines professions, psy notamment mais d' autres aussi.


Une amie infirmière psychiatrique en Alsace à qui son médecin a dit que " c'était dans la tête ", jusqu' à ce qu'elle aille consulter un rhumatologue qui blêmit en lui découvrant une maladie de Hodgkin au stade IV; une autre amie infirmière, dans les pyrénées, déja soignée auparavant pour un cancer, que son médecin refuse d' écouter durant quelques mois, malgré ses protestations, jusqu' à ce que la petite tache grossisse; moi-même, qu'un spécialiste de la bouche a rassuré après une biopsie bâclée au cabinet, assurant qu' il s'agissait de stress, (-intéressant, n' est-ce pas, le stress : pas de preuve, pas d' argument, et surtout, pas de contenu psychique); et à qui un médecin, averti pourtant des antécédents, a à nouveau refusé un scanner sous le prétexte " qu'on n' en fait pas pour cela " ... et pour finir, reçoit une engueulade (polie tout de même si un fort déplacée) de l' orl (très chaleureux) consulté à l' IRC de Toulouse, pour devoir avoir été suffisamment averti pour ne pas "laisser traîner" ... -et la confiance faite au médecin ? - Encore faut-il qu'il en soit digne.


Je n' ai pas cherché à collationner les histoires : mais chaque fois que j' ai posé la question à un malade atteint gravement j' ai trouvé en antécédent le récit d'un médecin qui avait refusé d' écouter.


Concernant ce qui m' arrive, et pour élever le débat, il se trouve que le médecin que j' ai consulté dans le village de N. (32), fait partie d' un groupe de médecins qui se réunissent régulièrement pour discuter de leurs « cas » ; ils ont cette tradition du « premier patient du mardi matin » dont ils font récit après tirage au sort; en voilà au moins un qui sera un peu mieux traité ; ces réunions se font « à la Balint » , mais sans psychanalyste, et ce, alors que jamais seulement l'un d'entre eux eût été en analyse ou eût jamais participé à un vrai groupe Balint. D' ailleurs, une des participantes me l'a assuré, tous les participants se sont formés en quelques week-ends à la programmation neuro-linguistique, (la trop fameuse PNL), dont ils ont eu grâce à sa publicité autoréférente et massive, pratique grâce à laquelle les participants se trouvent dès lors à leurs yeux parés, mais de quoi donc ? D'une très imaginaire maîtrise de la communication ; qui n'est rien d'autre que la croyance fermement martelée, par des techniques d'hypnose, de l' adéquation pleine et entière entre leur pensée projetée sur l' autre et la réalité de l' autre. Il est facile d'en convaincre des individus que leur formation ne prépare pas au maniement critique de concepts psychologiques ou philosophiques qui demandent des années d'études critiques et de préparation éristique, heuristique, et méthodologique. Les effets de transferts latéraux ne sont même pas entr' aperçus et pire, soupçonnés. C' est en somme le règne de l'innocence paradisiaque, où l' arbre de la connaissance, c'est la reconnaissance par l'autre de l'intention noble de soigner bien ; alors il n'y a rien à chercher ailleurs, tout ce qu'il pourrait y avoir à savoir est supposé déjà su dans le groupe ; et ce qui se trouve divisé dans ce partage, et perd de sa densité dans ce type de division, c'est l' hypothèse même qu' une telle structure groupale dispose du savoir pertinent pour aborder les questions transférentielles, alors qu'il n'en a ni le concept, ni la méthode, ni les exigences éthiques. Rien de bon ne peut émerger d'une pratique telle, on ne peut en attendre que des dégâts dans un contexte de méconnaissances et de dénis.


Ainsi l'on voit comment l' ignorance, dont Lacan rappelait, après Descartes, le caractère passionnel, trouve ses alliances avec les délires partagés pour protéger des pratiques perverties (celle des groupes Balint), perverses (PNL), mortifères (association de méconnaissances), et de ce fait crée et propage des maladies iatrogènes sous le meilleur prétexte de rationalisation des soins et des coûts, tout cela vous a un petit goût de thé chez la baronne, en toute innocence pétris de bons sentiments. L' éthique médicale existe, elle est très exigeante, c'est très dommage que si peu de médecins soient assez rigoureux, humbles et honnêtes pour se tenir à sa hauteur ; mais il y en a, j' en fréquente quelques-uns, qui m'ont convaincu qu' il y a une possibilité de dialogue entre médecins et psychanalystes, entre médecine et psychanalyse. Les psychanalystes consultent des médecins, et il est beaucoup moins massivement reçu que les médecins consultent les psychanalystes. C'est bel et bien du côté des médecins que se trouve la résistance massive, le repli quasi psychotique à l' encontre de la psychanalyse, et il n'est malheureusement pas rare d' entendre, au cours même d'une consultation chez un médecin, les propos les plus scabreux, faux, méprisants à l'égard de la psychanalyse et des psychanalystes : une telle réaction face à un névrosé qui demande une introduction conduit plus d'une fois à une aggravation que la chimiothérapie souvent inadaptée, -l'essentiel de la formation des médecins étant effectuée par les visiteurs envoyés par les laboratoires pharmaceutiques- , et quand ce n' est pas qu' une aggravation, aboutit trop souvent à des suicides qu'on peut dire directement provoqués par la surdité et le manque de tact, pour ne pas parler de la psychopathologie du médecin, enterrée sous un fatras défensif contre la psychanalyse qui provoque une réaction contre-transférentielle agressive mortifère chaque fois qu' un patient, pour son malheur, demande conseil ; je ne suis à ce jour, pas du tout convaincu que seule le masochisme de tel patient dans le choix de son médecin soit la seule mise en cause possible dans ce type « d' accident » que l' on pourrait très largement éviter si l'Ordre des Médecins s'occupait de ses propres charlatans au lieu de les pousser à combattre des cliniciens qui eux au moins savent de quoi il retourne et ne comprennent pas très bien pourquoi ils devraient encore continuer longtemps à se taire sur des pratiques insoutenables dans quelqu' ordre que ce soit.


Vous n'oubliez pas, si vous pratiquez ce blog ponctuellement, qu'il est issu de la chasse aux sorcières contre les psys initiée par un médecin sous le prétexte mauvais d'une vengeance personnelle, dont le fait déclencheur n'est d'ailleurs établi que très vaguement, par un simple dire qui demande à être cru sur parole, la parole d'un qui vaut mieux que faits, arguments et preuves ; qu'une telle chasse au sorcière fasse suffisamment de bruit pour mener l'agitateur à une position éminente, c'est une chose étrange; que les conséquences de l'agitation soient ensuite étouffées car elles pourraient bien profiter aux psys quand on souhaitait qu' elle les éliminât, c' est encore plus étrange. Il faudra bien un jour que l' instigateur s' explique devant le tribunal de la raison.


Mais le constat que cette campagne, qui a agité le bonnet des médecins, et dans le sens innocemment imprévu de faire entendre à certains d' entre eux, qu'ils devaient largement user de leur position, ou pour refuser de soigner, ou pour refuser d' indiquer, et jusqu'à déconseiller les seuls soins adaptés, laisser mourir les patients venus là en toute confiance, ce constat n'est pas étrange, mais amer, et malheureusement, réaliste. J'invite les spécialistes de l'inconscient que mes propos choquent d'en débattre ici ou par e-mail. Je ferai ici état quoi qu'il en soit des protestations éventuelles de mes collègues si certains devaient trouver mes propos déplacés. Cela nous mènera sans doute à des perspectives intéressantes sur la création des paranoïas plurielles.



Cela étant, il y a également des pôles d'excellence, des lieux pour lesquels le terme n'est pas ridicule. L' IRC de Toulouse en est un exemple, et cela s'y manifeste à chaque endroit et à chaque corps de métier, compétence, ouverture, gentillesse, sourires. Quelque chose qui ne se simule pas, croyez-moi. C'est très dommage que cette excellence serve trop souvent à rattraper les dégâts provoqués en amont par des consignes contradictoires, contre productives, incohérentes sauf dans leur létalité.


Pour ne pas terminer sur une note triste, tous mes remerciements à mes amis médecins de leurs efforts, de leur courage, de leur pugnacité dans ces temps d' aberrations géantes.




jeudi 13 mars 2008

Sectarisme, sectaire, sectes, sexe, dans leur rapport à la perversion, ou père-version.

Une fois n'est pas coutume, un extrait:

"Depuis sa publication en Janvier 1996, le contenu du rapport de la commission d’enquête n’a cessé d’influencer les réflexions et les décisions des autorités politiques et administratives. Malheureusement, ce fut au détriment de la liberté de conscience, de religion et des droits des 172 minorités citées dans le rapport.

Dans bien des cas, il suffit de faire remarquer qu’une association spirituelle figure sur la “liste noire” parlementaire pour que ses membres subissent un traitement discriminatoire. Les témoignages sont chaque jour plus nombreux : des membres de ces groupes sont évincés d’un emploi public ou privé, se voient refuser le droit de passer un contrat avec l’administration, d’exercer leur art, d’utiliser des équipements municipaux ou des salles de concert. Ils peuvent être victimes de boycotts économiques et il leur arrive d’être dénoncés en public. Ces agissements sont tolérés si ce n’est suscités par des fonctionnaires de l’Etat ou des élus."

.....

"Nous sommes aujourd’hui en droit de demander sur quoi reposaient les conclusions de la commission d’enquête parlementaire, reprises dans un rapport aux conséquences désastreuses. Comment la liste des “sectes” fut-elle réellement compilée ? Qui en fixa les critères, et à partir de quels faits ?

Car ce rapport n’est pas seulement une étude bâclée : il a été vivement critiqué par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et de nombreux universitaires spécialistes du domaine religieux qui ont étudié les méthodes de travail, les conclusions et les recommandations de la commission.

De plus, par quatre fois au moins, des tribunaux français ont réfuté toute valeur juridique au rapport parlementaire."

lire l'intégralité:

http://la-liste-noire.nouvelle-religion.fr/index.html

merci au "Figaro", ou le lien apparait comme sponsorisé en fin de page

[cliquez ici pour atteindre la page du Figaro]

samedi 1 décembre 2007

20071201 - Campagne dépression INPES – 7 - Extraite des chiffres, docteurs, la vérité, c'est un sophisme!

On pourra se frotter les yeux d'incrédulité: mais qu'est-ce que ce qui suit vient faire ici, sous le titre « Campagne dépression INPES – 7 - Extraite des chiffres, docteurs, la vérité, c'est un sophisme! »? Ce que « cela », cette réaction au grignotement de la vie privée, a à voir avec la dépression version INPES, c'est que cette mobilisation contre les abus d'autorité est une voie de guérison dans un pays malade de son inertie, de sa passivité, de ses compulsions à l'enfermement. On pourra dire que « cela » est hors-champ de la psychanalyse; eh bien qu'on le dise alors, mais qu'il y ait de l' hors-champ de la psychanalyse, c'est justement ce qui donne du champ au champ freudien. Il faut donc faire un écart pour comprendre; que cette coexitence pacifique entre la dépression-maladie-version INPES, et l'investigation illégale et abusive dans la vie privée, sont les deux faces d'un même chiffrage de la méthodologie en matière de décision politique. Et cela, relève précisément d'une conception où les psychanalystes ont tout à fait à marquer leurs positions.


Bon, le temps passe et on oublie les choses; pour se rapprocher du point de départ:

http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/articles.php?lng=fr&pg=189

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J'ai reçu, ce matin, ce qui suit:

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Merci de faire circuler cette info

Quand l’imagination est au pouvoir… du racisme et de la haine elle est sans limite !

Fraude à l’identité ! extraordinaire ça ! ce qui ferait l’identité d’un être humain c’est sa nationalité, et non ce qu’il est, les signifiants qui les représentent, comment il les fait vivre auprès des autres. L’identité ramenée à des traits et des documents, objectivables ! Une identité évaluable ! Vichy n’est pas loin….et les sombres pratiques des terribles heures de notre histoire non plus.

Ce qui fait la nationalité c’est d’être inscrit sur le registre de la nation. Chacun est donc peu à peu réduit à un ensemble de chiffres.

Agents référents, réseaux, plan… ça ne vous dit rien ? Partout nous baignons dans ces mots qui engluent toute vie

« Tout va pour le mieux dan le ire des mondes possibles » comme dit Philippe Sollers

Bien amicalement

Philippe Cousty

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La Préfecture de la Haute Garonne bafoue le secret professionnel des fonctionnaires et agents publics et le droit au respect de la vie privée et renforce l’organisation de la chasse aux étrangers


APPEL AUX SECTIONS, FEDERATIONS ET REGIONS.

La Préfecture de Haute-Garonne met en place, sous couvert de « lutte contre la fraude documentaire », un processus de signalement des étrangers en situation irrégulière aux services de police.

Vous trouverez ci-dessous le texte du communiqué que la section de Toulouse a publié, avec une forte couverture médiatique locale.

Les informations dont nous disposons indiquent que ce projet concerne l’ensemble des départements.

La CNIL est d’ores et déjà saisie par la LDH au niveau national.

Nous vous demandons d’enquêter dans votre ressort géographique, à la mesure de vos moyens d’investigation, sur les initiatives qui seraient prises à ce sujet.

Vos relais syndicaux seront certainement utiles

Et de nous faire remonter dans les meilleurs délais vos constatations.

Merci à toutes et tous de votre diligence.

Contact : communication@ldh-france.org - tel 01 56 55 51 07

Toulouse, le 27 novembre 2007

La Préfecture de la Haute Garonne bafoue le secret professionnel des fonctionnaires et agents publics et le droit au respect de la vie privée et renforce l’organisation de la chasse aux étrangers

Une note interne fait apparaître que, sous prétexte de "lutte contre les fraudes", la Préfecture de la Haute-Garonne tente actuellement de mettre en place, dans le plus grand secret et dans le mépris du secret professionnel des fonctionnaires et du droit des citoyens au respect de leur vie privée, un système d'échange d'informations entre tous les services administratifs et de dénonciation aux services de police et de gendarmerie par l'ensemble des fonctionnaires et agents des services publics du département.

Sous l'égide de la Direction de la réglementation et des libertés publiques de la Préfecture de la Haute-Garonne, est mis en place un "groupe de référents départementaux et des organismes sociaux en matière de lutte contre les fraudes à l'identité". Des agents "référents" de la CPAM, de l'URSSAF, de la CAF, des services fiscaux, des ASSEDIC, de l'ANPE, de la CRAM, de la DTEFP, de la DDASS, de l'ANAEM devront participer à une formation organisée par la Police de l'Air et des Frontières (PAF). Selon cette note, les agents des administrations devraient notamment faire appel à la PAF, à la police et à la gendarmerie à chaque fois qu'ils auront un simple doute sur l'authenticité des documents qui leur sont présentés par les administrés, contrôler l'identité des patients. De plus, dans une note datée du 10 octobre 2007, la Direction de la réglementation et des libertés publiques, qui, sous prétexte d'efficacité, souhaite agir dans la confidentialité, forme le vœu d'une extension des fichiers au niveau national et de "la possibilité de croiser les informations sans croiser les fichiers nationaux car interdiction de la CNIL" en instituant des réseaux de correspondants dans chaque organisme ou administration.

Il est prévu que les entreprises publiques ou remplissant une mission de service public soient également impliquées.

Dans une note préalable, la Préfecture de Haute-Garonne annonçait clairement que cette initiative, répondant à une « logique de réseau », se situait dans le « plan de lutte contre les fraudes commises par des ressortissant étrangers».

La note du 10 octobre implique, entre autres incitations :

- l’identification des personnes en situation irrégulière ou d’éloignement

- les fraudes à l’hébergement, la « couverture » de situation irrégulière

- l’amélioration du contrôle de la résidence déclarée

La Police aux frontières (PAF) est le maître d’œuvre de ce dispositif.

Il s’agit donc bien d’organiser, au niveau des organismes sociaux, un système de signalement systématique, et de faire de leurs agents des auxiliaires de police.

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Il est symptomatique que la Justice, en l’occurrence le Procureur de la République, soit absente du processus envisagé, les seuls interlocuteurs désignés étant les services de police.

Les organisations signataires s'insurgent contre cette nouvelle tentative de bafouer, hors de tout cadre légal et dans le plus grand secret, le secret professionnel auquel sont soumis les fonctionnaires, qui protége l'usager du service public contre la divulgation d'informations à caractère secret. Le respect de cette obligation est le corollaire du respect de la dignité de la personne humaine, principe doté d'une valeur constitutionnelle, et du droit de tous les citoyens au respect de leur vie privée.

Après la loi Perben II du 9 mars 2004 et la loi sur la prévention de la délinquance du 5 mars 2007, les atteintes au secret professionnel sont désormais renforcées par de simples pratiques et notes administratives sans valeur légale.

Une telle initiative indique très clairement que se poursuit, en la renforçant, une politique de « xénophobie d’Etat », par la mise en place de fichages et d’incitation, voire d’obligation administrative, à dénoncer des situations irrégulières ou anormales. En l’occurrence, tous les citoyens et personnes résidant sur le territoire national sont menacés.

SIGNATAIRES au 27/11/2007 :

CGT, Union départementale 31, FSU 31, Ligue des droits de l’Homme – Toulouse, Solidaires 31, Syndicat des avocats de France, Toulouse, Syndicat de la Magistrature, Toulouse, UNSA Conseil Général 31, UNSA Education

Notre site
http://resf71.charolles.info/


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Ndé: voir aussi à propos du non à Vichy, un échange en 2004 , entre différentes personnes soucieuses de maintenir un écart entre les psychanalystes et les pouvoirs publics.



lundi 3 septembre 2007

Autisme, diagnostic et pronostic, ou diagnose?


Je vous présente là un point de vue, étant entendu qu'il y en a beaucoup d'autres.


En psychanalyse on ne s'occupe pas de poser un diagnostic, parce qu'il induit un pronostic, parce que les gens sautent sur des dictionnaires et ce qui arrive généralement, c'est qu'ils se conforment à ce qu'ils lisent, par amour du médecin, -ils sont patients, ce qui ne fait rien avancer-. Un psychanalyste écoute. Lorsqu'on vient à lui avec un diagnostic d'autisme, le diagnostic a été posé ailleurs, et a peut-être parfois provoqué des aggravations, au sens d'un état qui reste stable puisque c'est ce qui confirme le mieux le diagnostic.


Que peut faire un psychanalyste mis en présence d'une personne qui lui est présentée comme autiste? Tenter de rentrer en contact, et cela ne marche pas toujours: ce n'est pas parce que la famille à des attentes qu'un transfert peut s'établir avec quelqu'un.

Les histoires sont trop différentes pour que l'on puisse en tirer quelque chose comme une généralité. La nosographie nomme l'autisme mais ne nomme pas sa cause; l'autisme est un comportement, ce que l'on en sait d'autre n'est qu'un certain nombre de suppositions dont certaines sont forcément erronées puisqu'elles sont contradictoires. Je ne pense pas que l'autisme existe, à proprement parler, comme entité clinique; je pense que la nosographie nomme ainsi un syndrôme qui peut avoir des causes très diverses, dont parfois biologiques, comme dans les situations où des lésions neurologiques ont été constatée.


La psychanalyse peut elle améliorer les choses? Dans la plupart des cas oui, et ce n'est pas toujours dans le sens d'une guérison, mais parfois seulement d'un allègement de la souffrance causée par l'autisme, chez son "dépositaire" comme dans son entourage. Il s'agit de quelque chose à quoi les psychanalystes ont peu affaire, -j'ajoute, malheureusement-. Il me semble qu'on peut tout à fait dire que toutes les théories qui se sont présentées comme psychanalytiques à propos de l'autisme sont entachées d'une erreur épistémologique, dans la mesure où si l'autiste fait cas, l'autisme ne fait pas entité en psychanalyse. C'est un point qui est en général tenu dans l'ombre lors des débats.


La question de la culpabilité ressentie éventuellement par les familles: on fait du psychanalyste la cause, le producteur de cette culpabilité, alors qu'il n'en est sans doute que l'occasion, mais cela, c'est très difficile à faire entendre, parce qu'il est constatable que, travaillé par des reliquats de transfert, un psychanalyste peut n'être pas parfois aussi neutre et aussi futé que la situation l'exige.


Pour autant, "la psychanalyse" ne préconise rien, pas plus qu'ailleurs; on peut tout de même consulter un psychanalyste pour cette raison comme pour toute autre; certains acceptent de s'y frotter, et ce n'est pas facile, loin de là, la décision à prendre est souvent de se ne pas trop vite s'identifier à la position de « parent d'enfant autiste » dans ce qu'elle a de normalisateur; et comme toujours, consulter un psychanalyste suppose qu'on veuille bien le créditer de la masse de confiance qu'on accorde sans barguigner aux autres spécialistes: ce n'est pas la psychanalyse qui opère, c'est le psychanalyste qui laisse passer le "patient" d'une position à une autre, et cela non plus ne doit pas être oublié.


Cordialement,


Didier Kuntz



PS: mise à jour et adjonction du 13/12/2007


On peut trouver à cette page de LTA un tour d'horizon des différentes réactions publiques à propos de l'autisme. Il semble que les pouvoirs publics se lavent publiquement les mains d'une situation qu'ils ont largement contribué à créer en laissant de côté les avis des psychanalystes les mieux avertis, pour se contenter de recueillir les on-dits qui leurs sont attribués. On peut ainsi reprocher à la psychanalyse, à ses théories ou à ses praticiens tout ce que l'on reproche au bouc émissaire de l'autisme et de l'autiste. Pour ma part, j'ai eu à travailler avec des enfants qualifiés d'autistiques, ainsi qu'avec leurs proches, et cela m'arrivera encore aussi souvent que l'on me consultera pour cela.

J'ai pu constater régulièrement l'effet de coup de massue asséné par le diagnostic d'autisme; j'ai constaté aussi que ce diagnostic témoignait, plus que d'un quelconque savoir clinique, d'un embarras face à l'aspect inabordable du patient dans sa relation à l'institution et/ou au psychiatre; d'un embarras face à la décision de traitement ou de placement qui s'impose parfois dans la hâte précipitée par l'angoisse de l'intervenant interpellé à une place de soignant, voire de prestataire de solution urgente; d'un embarras enfin face à la responsabilité d'énoncer, en même temps qu'un diagnostic, un pronostic écrasant sur l'évolution pressentie du patient.

Ce diagnostic, régulièrement, est posé sans calcul de ses effets sur la personne ou son entourage, dans la certitude de sa fiabilité tant que de celle du package de soins qui l'accompagne, d'où la psychanalyse autant que le recours à un psychanalyste sont imparablement exclu: d'où je pose que l'exclusion du recours au psychanalyste est la condition nécessaire à la production des symptômes classés dans l'autisme. Ceux qui veulent comprendre le comment et le pourquoi peuvent en trouver une présentation logique dans le livre que j'ai écrit, "les prolégomènes pour la psychanalyse", comme je l'appelle, dont on trouvera une trace sur ce blog ou ailleurs.

Je suis donc amené à redire ceci: là encore, dans ce tour d'horizon sur l'autisme, on oublie une chose, -parce c'est toujours plus difficile de remarquer une absence au milieu de la multitude de présences bruyantes-. C'est que l'on n'a pas encore entendu de psychanalyste énoncer son indifférence, ou son impuissance, face à l'autisme, à l'autiste ou à son entourage: on n'a entendu que ses accusateurs. Et on n'entendra pas, pas avant longtemps, que l'autiste lui-même, du fond de sa plainte, et dans son expression même, est le défenseur du psychanalyste et de sa psychanalyse.

Voilà ce qu'il m'a été donné d'entendre, dans mes contacts avec des autistes. Et pour être juste, il faudrait savoir ne pas empêcher le défenseur rencontrer celui que, par son symptôme, il défend, commis d'office, sans doute, il est vrai, par son symptôme.

Dans son dernier séminaire, intitulé "le moment de conclure", au moment de conclure, donc, une très longue et très riche expérience de parturient et de praticien de psychanalyse, que dit Lacan? Il dit: "L'important est que la science elle-même n'est qu'un fantasme; ... et que l'idée d'un réveil, soit à proprement parler impensable; voilà ce que j'avais à vous dire aujourd'hui." (*15 novembre 1977*).

Je laisse ceci en état; le lecteur pourra s'enquérir de ce qu'il y existe, ou non, quelqu'un qui puisse, avec des faits concrets me concernant, (ou concernant quiconque), infirmer la capacité que je prétends, (ou que prétend quiconque), relativement aux personnes concernées par un diagnostic d'autisme, de recevoir la personne et sa vérité. Chercher à savoir, en tel cas précis, qui peut ou non quoi, sera plus utile et individuellement et collectivement, aux autistes, que les grandes déclarations générales qui pêchent au chalut sur les grands fonds de la souffrance humaine déjà raclés à mort par la médecine épidémiologique.

Merci de votre attention.

13/12/07 - DK



vendredi 24 août 2007

Interprétations de la psychanalyse en politique de la psychanalyse.

(Quelques fragments... hors contexte... comme par hasard, il y a quelque chose qui surnouage...)



(9/02/06)



-(en réponse à « Munich », de Serge Hajlblum)-



Le problème politique posé à la psychanalyse d’aujourd’hui, posé par les diverses positions qui ont conduit à la situation où elle est pour ainsi dire posée, cette « psychanalyse », au milieu d’un problème politique qui ne s’avoue pas comme tel à ceux qui le posent, qui ne s’avoue pas comme tel parce qu’il semblerait que poser ce problème comme social, comme un problème de régulation sociale de pathologies sociales, ait la préférence d’un certain type de refoulement que l’on peut dire collectif, même si ce refoulement n’est que l’addition de refoulements un par un, coaptés, collapsés, et opte pour l’acceptation d’une censure admise, d’un refoulement partagé, -acceptation dont le sens d’acception ne doit pas rester ici oublié-, d’une censure aimée, désirée, et requise comme légalité à venir, ce problème politique posé à la psychanalyse est bien celui, tacite, d’une évacuation, d’une vidange de l’horreur du meurtre jouissif, d’autant plus jouissif qu’il est, devient collectif, d’autant plus collectif qu’il se marque de l’oubli de cet un par un où il pourrait ou aurait pu ne pas échouer à faire mémoire.


Peut-être vais-je un peu vite en besogne, mais je n’hésite pas à conclure que la condition nouvelle qui se propose aux psychanalystes d’être « tous psychothérapeutes », (voir texte de Laurent Le Vaguerèse sur le « Petit Journal »), entérine ce meurtre collectif en l’effaçant des mémoires, posant ainsi la condition de sa répétition, posant l’oubli comme condition d’un bonheur à venir, posant cette jouissance ignorée comme jouissance partagée. Il est simplement étonnant que les lecteurs de « Totem et tabou » omettent la condition d’émergence de la loi telle que Freud l’interprète.


On tue la psychanalyse, comme bouc émissaire d’un passé dont on ne veut rien savoir, d’un savoir dont on ne veut rien passer.



(15/02/06)


Les psychanalystes sont actuellement fondés à refuser les différentes stigmatisations et autres réductions de têtes qu'on leur attribue souvent à tort. Je ne dis pas cela dans un effort consensuel. Je le dis pour éviter que ce qu'on appelle "démarche personnelle" puisse passer dans se champ pour une démarche individuelle, illusoirement fondée sur une conception un peu narcissique de la fameuse "auto-analyse" de Freud.


L'adjectif "scientifique" ne suffira pas à faire de la science; on peut dire que par exemple la psychanalyse n'est pas scientifique ou n'est pas une science; mais par contre on ne peut pas dire qu'elle ne soit pas en tension vers la science; cette tension vers la science est ce qui permet de dégager ce qui fait que les sciences soient "sciences" et non pas bricoles idéologiques. C'est ici les scientifiques que j'interpelle, de leur nom de scientifique, contre l'adjectivation qui se retourne déjà contre eux.



(19/10/05)


Il est dommageable que nous ne disposions pas ou ne connaissions pas assez les travaux de sociologues sur les conditions de vie dans les quartiers où vivent les populations stigmatisées, dépositaires du symptôme « fragilisé » ou « risque de délinquance »...


Les quartiers où les voitures brûlent la nuit, sont aussi ceux où les MJC et autres centres de culture ou d'animation ont été fermés pour être remplacés par des lieux censément moins coûteux pour l'état; cette politique a été mise en place par François Léotard lorsqu'il était ministre de la culture; la suppression des postes d'animateurs et leur remplacement par des postes d'éducateurs, , puis d’assistants sociaux, puis de psychologues, a mené à les remplacer insidieusement par une présence policière puis militaire, (les gendarmes et CRS dépendant de l'armée). Sous le prétexte de lutte antiterroriste ; où renaît le masque de « l’ennemi intérieur », cette consternante vichyssoise.


Évidemment on peut croire qu'il n'y a aucun rapport entre la manière dont on traite une population et celle par laquelle elle réagit, déjà langagièrement d'ailleurs, à la manière dont on la "traite".


Simplement lorsqu'on pose la question des coûts, de la culture par exemple, il faudrait faire rentrer dans le calcul celui des conséquences comptables des économies réalisées finalement sur l'éducation, au sens large, puisqu'on ne parle plus "d'instruction", aujourd'hui, ailleurs que dans le cadre des prétoires... Il y aurait apparemment un état corpusculaire des coûts et un état ondulatoire des effets des compressions des coûts comptables.


Comment ne pas voir que la réclusion dans des entités abstraites, ("population à risque", "copulation à risque", etc), "fragilisés psychologiquement", met en scène des liens sociaux hystérisés, lus au travers du prisme tragique d'une mise à distance des "populations"?...




(17/02/06)



Passe borroméen.


-(c'était adressé à Patrick Valas et à Alain Dufour; entre autres)-


Toutes les précisions données ici, à propos de la passe, de celles qui peuvent être données, parce qu'il est bien évident qu'il y a une différence entre le passage au public et le passage de l'intime, seront bienvenues je pense, parce qu'il y a une certaine publicité qui peut être donnée au fait de son existence, et qui permettra à ceux qui ont à y redire de se manifester.


Je précise que pour ma part je n'ai rien à y redire, c'est une institution.


Elle n'est pas sans sa lacune: sa lacune, c'est qu'il y a des psychanalystes qui pensent qu'elle ne ferme pas la transmission qu'elle ouvre. La question est donc de savoir si l'existence de cette institution doit nécessairement être une cause de discrédit de toute transmission qui ne serait pas d'école.


Un des éléments est que ces psychanalystes qui ne sont pas d’écoles et qui poussent le bouchon à ne se reposer que sur l'existence légale de "l'association de fait" se sont trouvés jusqu'à présent confrontés à une certaine morgue des associations plus ou moins solides, parfois d'autant plus hautaines que leur fond théorique relevant trop souvent de la petite différence était réduit à une position charismatique. C'est bien pour cette raison qu'on a pu se gausser de leur masochisme, et qu'aussi bien aujourd'hui ils se trouvent, pas plus objets de convoitise que de discorde, interpellés à exprimer la cause de leur différance à l'endroit des écoles, et la raison qui les pousse à l'encontre du bon sens à avoir soutenu cette position.


Non pas qu'ils n'en aient jamais rien dit, mais que, du fait de cette lacune un témoignage ne pourrait être saisi comme tel que dans un cadre posé ad hoc. Les instances posées par les écoles seraient donc là posées comme débordées, au sens où elles ne seraient pas posées comme seules à être aptes à recevoir un témoignage; il n'en reste pour autant pas moins qu'elles sont les seules à être en mesure de l'authentifier. Les instances en question, ou les écoles, peuvent bien sûr considérer qu'elles n'ont rien à faire de propos latéraux qui ne demandent pas d'authentification. Elles peuvent également considérer que nul n'est audible qu'à condition d'une authentification préliminaire. Cela paraît fondé de l'intérieur de cette logique.


Le hic c'est qu'outre la production de psychanalystes "non-authentifiés" dans leur témoignage faute d'un recours à une telle instance, et qui conduit les écoles à les discréditer comme si leur absence à ce recours n'y suffisait pas, (question, question...), cette stratégie d'élaboration d'école conditionne l'apparition d'une théorie de narcissismes qui passent pour thérapies.


Le plus drôle, ce serait que les Jourdains qui maniant leurs proses reçoivent leurs baptêmes sur les fonds d'Oedipe passent pour dupes! Ce serait bien le comble qu'ils ne le soient pas! Qu'ils ne sachent pas ce qu’ils prosent!


Il y a bien la question de ce qui passe ou pas par l'oral des cris. Mais de là à ce que les chuchotements en viennent à convenir qu'il y a en plus à inventer autre chose, et à trouver un assentiment à ce que les écoles fondent la psychanalyse, et ne cessent de la fonder de leur ouverture à ce qui se produit de leurs interstices, il faudra non seulement qu'elles trouvent à s'accorder réciproquement de leur pertinence méconnue, mais qu'elles en posent conjointement la formalisation qui leur manque.


Et elles le peuvent, à ne pas se poser comme l'Autre. Elle existe de fait, l'Autre École, c'est la psychanalyse que font les psychanalystes, à lier comme vous voudrez, mais même si l'on peut selon un certain entendement nier qu'il fassent communauté pour autant qu'ils ne sont pas un, on ne peut plus soutenir qu'il n'y ait pas plus d'un trait unaire qu'ils soutiennent communément comme fondement de la position psychanalytique...


À ce moment où il semble requis qu'ils sachent se laisser distinguer des psychothérapeutes, plus il y en aura, de ces traits, mieux ce sera, puisque l'on ne peut en aucun cas tabler sur la seule auto-régulation associative sans supporter que sous le nom de psychanalyse apparaisse n'importe quoi: il n'y a rien à fonder que ce qui l’est déjà, mais il y a à présenter ce qui est fondé, et d'une manière qui soit recevable en droit, tôt ou tard, certainement. Hélas si vous voulez, mais si la charge se présente comme irrémédiable, on ne s’en tirera au mieux qu’en faisant des coupures par des nœuds borroméens : c’est ça l’envers de la psychanalyse, maintenant, cette réciprocité -là.


Merci de supporter ce « pas clair ».


DK




lundi 20 août 2007

Le transfert est dangereux…

C’est une des curiosités qui se rencontrent à chaque pas, cette déclaration que le transfert soit dangereux. La curiosité n’est pas tant qu’il soit d’emblée affirmé comme tel, dans son existence, sans que soit même moindrement remis en question ce fait : asseoir ainsi le transfert comme un fait immédiatement sensible à tous, bien connu dans ses tréfonds, alea, manifestations et dérangements, fonde implicitement le psychanalyste comme son adresse. Le fonde implicitement comme son adresse parce que c’est bien des cures faites par Freud que le terme s’en est trouvé historiquement posé.


Admis le transfert dans cette pose qu’il trouve dans l’opinion commune, et quelques soient les formations et déformations qui lui ont été données ou soustraites, c’est la psychanalyse qui se trouve admise du même fait, intentionnellement ou pas.


Dangereux, le transfert ; c’est dire avec une certaine duplicité qu’il ne ressort pas de l’anodin, pour fuyant qu’il soit d’une adresse à l’autre. Car une fois saisi comme tel, fait, phénomène, manifestation, production un peu inopinée allant d’un autre à l’Autre, pour être ensuite retournée d’un Autre à l’autre, parfois, dans le meilleur des cas, ce transfert sort de l’anodin pour se trouver être mis en danger de manipulations diverses et variées, au risque des torsions et rétorsions que la personne qui le tend au devant de soi pourrait bien se voir retourner.


Dangereux… Il touche, plane entre nous comme manifestation repérable d’un autre point de vue que celui du sujet auquel on l’attribue, sans qu’il soit possible d’emblée de faire admettre à celui-ci d’abord le fait de sa présence, et ensuite son caractère d’intention non-intentionnelle, d’inclusion d’un désir échappant à l’intention du dire, et venant, se posant là comme l’incitation première à l’énonciation qui fait du parlant le support d’un dire qui l’excède ; et dont souvent d’ailleurs, il est lui-même excessivement excédé.


Dangereux, le transfert ? Pas seulement pour les travers et déboires qu’il conditionne à tel sujet qui en est l’émissaire, mais pour les dérangements qu’il détermine chez ceux qui, par inadvertance, s’en font les destinataires, de hasard, à l’occasion d’une quelconque saisie d’un dire passant à portée de leur oreille. Il semble bien que pour lire la lettre du transfert il faille se contraindre aux conditions où il se trouve avoir été repéré, avec la contrainte qui s’ensuit, d’avoir à renvoyer la lettre à son destinataire, en rendant à son émissaire les termes de sa lisibilité. Il y en a pour déclarer qu’une fois inventé, par Freud, -invention au sens de la trouvaille-, le transfert, il suffirait ensuite d’utiliser la trouvaille pour l’appliquer à des modalités thérapeutiques moins contraignantes que celle de la réception du propos qu’il accompagne. Ce qui a pour effet de faire de ce propos une lettre sans plus de destinataire que d’émissaire, et de transporter le propos en question dans le champ d’un savoir à retraduire dans les termes de la logique ordinaire. Thérapeutique où il n’y aurait au fond qu’à redresser le logos, celui-ci fruit imparfait d’un apprentissage raté. Et l’on renvoie ainsi la coulpe à l’éducatif, qui ne demande que des fonds pour se parfaire, surtout à se battre les flancs d’une question de fond que pose le transfert, qui est de savoir, au particulier comme à l’universel, ce qu’il signifie du sujet.



On voit bien là que le transfert n’est pas à mettre entre toutes les mains. Avant que Freud ne le désigne, le transfert excellait à produire ses contorsions aux nez et barbes de maîtres qui avec néanmoins beaucoup d’à-propos y repéraient dans leurs chuchotements privés la trace du sexuel qu’il y avait lieu de voiler de termes savants. Les convulsions auxquelles cette première prise d’un transfert tendu vers un destinataire qui se refuse nous donnent encore aujourd’hui l’idée du danger qu’il y aurait à laisser de côté tomber le transfert en marge du dire pour plier le dire à une forme d’interprétation qui ne serait qu’herméneutique. Herméneutique savante, distinguée, érudite parfois, mais tout de même trop à distance de ce qui la cause pour être pertinente.


Sous la plume de Freud, lui qui ne s’est pas arrêté à la satisfaction exprimée par son maître Charcot à la lecture de la traduction de ses leçons en allemand, l’on trouve d’abord, quant au transfert, cette première occurrence de « transfert de pensées ». Cette impression qui lui est d’abord laissée, avant plus ample élaboration, que des pensées lui sont transmises par ses patients au travers de ce qui se dit, est encore prise à son point de départ comme une conception assez proche de l’idée d’une transmission télépathique, qu’il a ensuite réfutée. Cette réfutation assez problématique à l’époque le conduit à formuler qu’il y aurait quelque chose à interpréter : non pas en termes de transmission de pensées ou encore d’affects, mais en termes d’effets, sur lui Freud, en son intimité d’auditeur, de quelque chose qui ne lui est pas particulièrement destiné en tant que personne. De quelque chose qui lui est donc non pas transmis, (il n’est pas le destinataire), mais transféré, (il est destinataire de passage), par ce qui est dit, intrinsèque au dire, mais non d’emblée produit, admis et porté par le dire lui-même, qu’un enregistrement des propos pourrait par exemple authentifier. Ce qui est dit lui apparaît donc dit à un destinataire particulier qu’il ne fait que représenter pour un temps, ce temps qui est le temps du dire.


Freud ne se fait donc pas tant dépositaire du propos, ou rééducateur de l’expression, que traducteur de ce qu’il reçoit comme trace du destinataire, et supportant la place de destinataire du dire qui lui est octroyée de manière ainsi éperdue, l’interprète en la nommant d’abord dans le registre des relations humaines primordiales. Ce n’est pas dire qu’il faille se cantonner à ce registre d’interprétation. C’est souligner que quelque retrait que l’on fasse dans la prise en compte du fait du transfert, l’on en reviendra toujours à la suggestion. C’est dire que le fait du transfert réfute le champ thérapeutique qui le répudie à n’en point faire l’instrument de sa dissolution. La position de la psychanalyse est donc foncièrement problématique au regard des champs thérapeutiques lorsqu’on y soutient qu’il y aurait un effet thérapeutique en dehors de toute prise subjective, ou bien encore qu’il y aurait moyen de thérapie subjective sans éléments de transferts. Dans ces champs la position de la psychanalyse est problématique parce que l’on y fonde de sa reprise et de son élimination en un seul pas qui voudrait à la fois reprendre, ramasser, et nier : voilà où le transfert est dangereux, dit tel, dévoyé, à proprement parler.


Je préfèrerais donc qu’on en admette que le terme se réserve de la psychanalyse, s’y entend et s’y déploie, et qu’il devienne bien clair pour tous que les traductions, adaptations et relectures qui en sont ou qui en seront faites pour en distraire la fonction en psychanalyse dans le champ du cognitivisme, qui est la peau de chagrin du thérapeute, n’amèneront jamais le sujet désirant à la satisfaction de sa demande d’analyse : nous sommes aujourd’hui à l’heure où l’on peut trancher si Freud avait ou non lieu d’entendre cette demande incluse dans le symptôme du parlant au titre, peut-être pas du sens, mais d’une réponse possible, et appropriée. Appropriée non pas à la seule fantaisie de Freud, mais également aux structures de discours que Lacan a dévoilées à partir de sa lecture de Freud.

Autant les psychanalystes sont fondés à soutenir que Freud a été psychanalyste, autant ils s’accordent aujourd’hui de ce que Lacan a été l’un de ses passeurs, autant devraient-ils trouver à s’accorder de ce que Lacan, aura lui même franchi cette passe, porté à cette place de psychanalyste par les témoignages de ces passeurs, qui nous révèlent que ce n’est pas la capacité à susciter le transfert qui fait l’analyste, -là serait le danger-, mais sa capacité à supporter de n’en être que l’effet.


C’est ce point à partir duquel il apparaîtra qu’il n’y aura pas eu, de la part du psychanalyste, de jouissance du transfert, et que son danger ne tiendrait qu’à une erreur de lecture, voire de destination.

DK




lundi 16 juillet 2007

Hou hou méfions nous? Psychologues et varité, vérité et identification policière.

J'ai proposé ce qui suit hier au forum d'Oedipe, sans commentaires;



On verra vite si quelqu'un s'y intéresse; bien sûr c'est très bien, irréprochable n'est-ce pas... A moins de considérer que la position que les institutions réservent aux psychologues ne les amènent à être comparés très rapidement aux commissaires politiques de l'ex-URSS... Postes présents un peu partout, dans tous les secteurs de l'économie, de la société, mais à titre de cautère souvent, pour des exercices diminués, ciblés sur un fragment de la personne, (personne, sujet, patient, client?), sur des personnes attrapées au biais d'une identification transitoire, victime ciblée; il me paraît qu'il y a dans ce contexte à peu près tous les ingrédients de l'abus massif de la société envers chacun de ses membres. J'ai quelques réserves donc, de la nature de celle qu'émettait avant-hier Alain Badiou dans le même journal. Autant dire que l'instrument critique dans le journalisme et à peu près dévasté. J'ai eu quelques échos par François-Régis de la réunion "Sauvons la clinique", à part ça, rien, également là l'impression d'un sauve-qui-peut général, de vacances, d'énormes vacances, de carences en matière de clarté des positions, de Clarence, dirais-je, pour les amateurs de vieilles séries télévisées. N'y a-t-il pas là quelque chose de complètement louche. Vous satisferiez-vous longtemps d'une psychanalyse qui se referme sur ses propres vérités-varités?...

Alors, pour conclure, j'attends beaucoup de l'autocritique des psychologues, depuis trente ans; mais lorsqu'elle s'exprime, elle émane des cercles de psychanalyse, et n'arrive guère à se faire entendre au-delà: c'est un ratage, mais à mettre au compte de qui exactement?