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Didier Kuntz
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mercredi, juillet 02, 2008
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de la psychanalyse, des effets de manches, l’éphémère, ce qui perdure, tous les ratages sauf un, votre photo préférée, le reste de ce qui vous importe, ce qui ne se trouve que là… n’hésitez pas à cliquer sur les titres & liens…
Comment faire état simplement d'une réaction à quelque chose d' aussi insaississable qu' un « projet d’arrêté subséquent au projet de décret d’application de l’article 52 »?
Ou bien le lecteur sait de quoi il retourne, tel que je le suppose, à savoir pas forcément tombé par hasard sur ce billet du blog, mais venu ici par curiosité pour pêcher une réaction énoncée au milieu du grand calme plat collectif autour de cette nouvelle action; ou bien le lecteur ne sait pas, auquel cas il lui est humblement demandé de suivre le lien indiqué plus haut vers le site LTA. Cette nouvelle action administrative d' écriture est-elle simplement destinée à mater la folie à la manière policée du discours du maître, qui n' a guère de souci des effets de son énonciation, dès lors que ceux qui le portent n' ont d'autre souci que d' effacer toute trace d' alternatives ? Ou cet acte d' écriture ne vise-t-il qu' à contourner de manière phobique la question de la folie en générant une façon de redresser les esprits ?
Je vais, par artifice d' écriture, supposer que le rédacteur dudit arrêté est un rédacteur naïf, qui ignore par vocation autant que par acharnement volontaire toutes les conventions qui ont cours à l' intérieur du domaine psy, à commencer par celle qui consiste à bien vouloir prendre en considération de manière forte et ferme, que le savoir concernant ce champ, n'est qu'une convention, un tissu d' hypothéses cohérentes et tenables ; et puis, de manière secondaire, que cette convention de savoir se construit sur la reconnaissance implicite du fait que ce savoir est relatif au fait même du langage ; et que ce fait même du langage conduit à formaliser une distinction de fait entre la chose et le signe qui la conditionne ; de sorte qu' il ne peut qu' échapper à ce rédacteur naïf qu' il traite du signe alors même qu' il est convaincu de traiter de la chose, par la manipulation des signes à laquelle il se livre, pourtant impuissante à l' encercler, et même de loin.
C' est cette impuissance même qui conduit ce rédacteur naïf à répéter jusqu' à plus soif son assise sur la vague et floue notion de « trouble » ; faut-il qu' ici je cite ? Fort bien :
« — Une capacité de discernement des grandes pathologies psychiatriques :
C’est-à-dire la connaissance des grandes entités psychopathologiques aux différents âges de la vie, avec la capacité de repérer les troubles psychopatologiques. La connaissance de la symptomatologie relevant de ces différents troubles. Aptitude à reconnaître, d’une part, les troubles qui apparaissent aux différents âges de la vie, à savoir les troubles de l’humeur, les troubles anxieux et les troubles psychotiques ; et d’autre part les troubles spécifiques d’une période de la vie. Ainsi, pendant l’enfance et l’adolescence : connaissance des troubles envahissants du développement, des troubles des acquisitions, du retard mental ; connaissance des troubles des conduites, des conduites de dépendance ; à l’âge adulte et au cours du vieillissement : des troubles de la personnalité ; de l’évolution de ces différents troubles, mais également des états confusionnels et des états démentiels. Il est également attendu des connaissances approfondies des conduites addictives, des différents troubles psychopathologiques post-traumatiques ou consécutifs à une atteinte somatique (par exemple : cancers, maladies infectieuses, maladies neurologiques, diabètes, …). »
En somme c'est bien simplement qu' est tracée la différence entre le normal et le pathologique : quand quelque chose ne va pas, c' est trouble, et alors là il y a quelque chose que le psychothérapeute devra connaître, et c' est la nature de ces troubles. Et ce bien ententendu, à la lumière de la capacité de discernement des « grandes pathologies psychiatriques » ... Quant à la texture des connaissances du psychothérapeute, elle est laissé au flou :
« — Une connaissance des fonctionnements et des processus psychiques :
Qui comprend la connaissance du développement normal de la naissance jusqu’à la fin de la vie, en passant par les grandes étapes du développement, à savoir le bébé, l’enfance, l’adolescence, l’ âge adulte et la vieillesse. Les différentes étapes des développements affectif, comportemental et cognitif doivent être connues. La connaissance des déterminants psychosociaux des comportements individuels, notamment des phénomènes d’ influence et de manipulation d’ autrui. Une connaissance des grandes fonctions comportementales, motrices et cognitives est également nécessaire. De plus, il est attendu que la démarche adoptée soit une démarche intégrative, c’est à dire qu’elle aborde ces notions selon différentes approches, qui seront considérées comme autant d’ éclairages distincts, sans se cantonner à un seul point de vue théorique. »
Fonctionnement, processus, étapes du développement, bébé, enfance, adolescence, etc, étapes des développements, etc, etc... sont posés là comme des objets de connaissance, mais des objets dont le statut est d' être posés ici comme des objets réels et non comme les faits de discours qu' ils sont... C' est de ce fait même que la psychanalyse se trouve intégralement révoquée, que la psychanalyse lacanienne se trouve implicitement et très malproprement éconduite, même si l'on songe à la faire rentrer par toutes petites doses par la fenêtre, lorsqu' on aura trouvé comment l' ouvrir. Tacitement la psychanalyse est considérée comme ce dont il faut détourner le psychothérapeute.
Je ne vois pas comment il serait possible de discourir de ce projet d' arrêté sans durcir et le ton et la portée de la critique. C'est à vrai dire un travail ingrat, de forçat, de bagnard, auquel je ne vois pas pourquoi et au nom de quoi m' astreindre, pour la portée d' efficace que je constate lorsque je lis la progression de ces écritures ; mes collègues étant par ailleurs tout à fait aptes à en prendre par eux-mêmes la mesure.
Il me suffira de souligner que dans ces dernières et différentes étapes de construction de la profession de psychothérapeute, les services du ministère et des différentes administrations dépassent en cauchemardesque les pires de nos prévisions les plus pessimistes. Oui, ces écritures sont des provocations permanentes, un véritable harcèlement contre les professions s'occupant des folies, auquel jouent les services de l'Etat. Pour leur propre bénéfice, c'est la conclusion implacable qui s' en tire. Oui, chaque détail nous révèle la volonté de manipulation des esprits par ces services dont on ne voit ni les racines ni les objectifs, sinon qu'ils sont contraires aux valeurs fondatrices de cette république. Oui, nous constatons que la « sensibilisation à l'éthique » prévue par ce projet d' arrêté ne dépassera jamais celle des promoteurs de cette écriture ; qui en ignorent jusqu'aux prémisses.
Pour ma part, j'inciterai volontiers les rédacteurs naïfs de cette nouillerie délirante de réserver leur talent à l'écriture d'articles dans des magazines de psychologie grand public, puisqu' à l' évidence ils ont le niveau requis pour comprendre le salmigondi new-age qu' on y trouve, mais pas plus. Mais qu' ils épargnent leurs concitoyens de subir les effets de leurs incompétences jumelées en matière juridique, (voir LTA), et scientifico-académique.
DK
PS du 6 juillet: voir aussi http://www.lta.frdm.fr/-Chronica- où l'on trouvera la matière qui provoque ces réflexions ainsi qu'un lien vers la récente prise de position de Jacques-Alain Miller dans "Le Point".
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Didier Kuntz
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mercredi, juillet 02, 2008
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Libellés : législation, savoir clinique en question, signifiant
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Didier Kuntz
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mercredi, juin 18, 2008
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Comme cela, livré sans commentaire, pour information, cette nouvelle proposition de décrets d'application nous livre une opacité qui ne se dissout qu'au prix d'une lecture juridique rigoureuse, patiente, régulière . J'ai pu observer durant toutes ces années que sur ce forum comme sur tous les sites associatifs, il n'y a eu qu'une et une seule personne pour mettre sa compétence en matière de droit public au service des personnes intéressées et des associations, et ce de manière constante .
C'est un travail gigantesque qu' a entrepris François-Régis Dupond Muzart, connu également sous ses initiales frdm, tous ses commentaires étant à disposition sur le site LTA.frdm.fr . Depuis qu'il s'est aperçu de la situation juridique particulière de la psychanalyse, au point qu'il n'en est pas encore revenu, François-Régis continue, quotidiennement, à suivre l' affaire, et cette affaire, personne dans le champ psy n' y comprendrait quoi que ce soit sans ce travail . Etant donné qu'à la connaissance de tous, il n' y a strictement aucun autre juriste compétent en droit public qui se soit penché, et avec quelle générosité, et avec quel courage sous les horions, sur cette loi et ces décrets d'application en tant qu'ils nous concernent très concrètement, il est étonnant qu'il faille le rappeler à chaque tournant, il y a là quelque chose que les psys ne veulent pas savoir, et qui concerne la délimitation juridique de leur praxis, et qui se présente comme un refus de la castration symbolique. Je ne puis que les renvoyer à leur examen intime .
Et j'en ai lu, durant ces quatre ans et quelques, des réactions de rejet, d'incompréhension, et j'en ai vu, des haussements d'épaules, et jusqu' à des diagnostics jetés à l' emporte pièce sur la personne, avec pour seul point d'appui qu' il [frdm] se permette, alors non encore psychanalyste, de parler de la loi, et ceci, ces « jugements » cliniques, énoncés par des ex-membres de l'école freudienne de Paris, et de ceux qui nous jouent de l'éthique comme de l'harmonica blues ...
Alors, faut-il encore le préciser, si vous voulez apprécier ce que ce décret, tel qu'il est écrit pour l'instant, nous retranche, il vous faudra recopier l'adresse
et prendre la patience de lire précisément et en détail la lecture qui en est faite .
Vous apprendrez ainsi que les discussions et allées et venues continuent au ministère de la Santé, et que, malgré les indications, critiques, commentaires faits [par frdm] selon les procédures juridiques adéquates, dépôts de mémoire, etc, les rédacteurs du ministère restent curieusement maladroits dans leurs formulations, allant jusqu'à rédiger des décrets illégaux, prévoyant des « dispenses de formation », et laissant le sort des psychanalystes désirant venir s'inscrire, -sur ces listes de psychothérapeutes, pour des raisons que l'on a encore du mal à cerner, tant la situation concrète de l'emploi des psychothérapeutes par les services publics reste floue- , laissant leur sort à l'arbitraire administratif, et laissant en place une situation dans laquelle, aux yeux du public, les psychanalystes inscrits sur ces listes et eux seuls passeraient pour les psychanalystes certifiés par l'Etat, alors même qu'il n'y a aucun moyen de savoir ce qu'aura été leur formation, puisque dans une telle situation n'importe quoi peut apparaître comme psychanalytique .
Sur ce dernier point je ne puis que tirer une seule conclusion solide : les petites associations auront intérêt à se fédérer ou à s'associer à l'AMP ; les psychanalystes un par un devront la survie de leur praxis au fait d'accepter de s'impliquer davantage dans les associations, et c'est plus ou moins la fin des psychanalystes isolés; je précise que je ne vois là aucun drame, le déballage des dernières années leur a permis de s'exprimer et à mon sens, ils ont été entendus, tout le monde a compris en même temps que quelque chose devait changer et que les procédures devaient être revues à la lumière de cette apparition spontanée et non institutionnalisée même après coup, d'un grand nombre de psychanalystes qui se disent lacaniens, ils ont été entendus, puisque de manière très large, dans les associations, les procédures sont en quelque sorte mises en examen, j' ajoute qu'il était temps .
Il est étonnant que la mise au point d' une psychanalyse inscrite dans son temps ait été favorisée par l' adversité d'un député pugnace, cerné par ses arguments auto-référents et logiquement irrecevables, pour autant plus qu' on veuille bien se pencher sur les conditions de la fabrique, où l' on s'aperçoit que les psys ne sont qu' une toute petite pièce de la machine à décerveler qui s'est mise en place1 .
La lutte contre cette méthode de gestion des foules, qui s' oppose à toute conception soit démocratique soit républicaine, n' a rien à voir avec la lutte de pur prestige des uns montés contre les autres, malaxée du dehors du « carré psy », qui rentrait dans les intérêts du calcul gestionnaire . C' est une lutte froide, sensée, vitale, où chacun doit à sa pratique l'examen des conditions de son maintien, au-delà de l'exposé du bien fondé de chaque méthode, puisqu' il y en a d'autres que freudiennes sur le terrain . Et c'est précisément là qu' historiquement la compétence des psys d'aujourd' hui sera jugée à l' aune de leur capacité à résister pied à pied au malaxage du champ psy par le pouvoir, pour le maintien en soumission des foules, sans le moindre respect pour les institutions qu'elles se sont construites au fil du temps, qui n' ont jamais été juste au service des gouvernants .
Alors à l'heure où ceux-ci voient leur chemin de Damas dans la pensée gestionnaire et pensent la politique dans des termes de justification comptable servie aux électeurs, on ne peut guère s' attendre à voir apparaître une société pacifique et productive ; il serait même temps que les politiciens viennent recevoir des leçons, de ceux-là même auxquels ils pensent avoir à en donner, au prétexte d'un savoir haché ramassé sans critique lors d'un séminaire de gestion de fin de semaine, et reçu dans des conditions de transfert exacerbé par le prestige alloué par le luxe de déclarations emphatiques de la plaquette publicitaire du séminaire en question .
A bon entendeur salut .
1Voir http://la-liste-noire.nouvelle-religion.fr/9.html toutes les pages sont à lire...
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Didier Kuntz
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mercredi, juin 18, 2008
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Libellés : forum psy, législation, politique de la psychanalyse, psychanalyse lacanienne
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Didier Kuntz
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lundi, mai 26, 2008
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J'ai une proposition à vous soumettre.
Si, lorsque vous demandez à un médecin que vous consultez de vous prescrire un scanner parce que vous pensez que vous êtes atteint d'une maladie grave, un cancer, et que celui-ci vous rassure de quelques bonnes paroles qu' il n' y a aucune raison de faire un examen, vous laisse partir sans prescription, diagnostic, examen ou conseil d' aller consulter un autre médecin, faites-le savoir, fuyez sa consultation, et consultez autant qu' il faudra jusqu' à ce que les avis convergents auront assez de solidité et d'étayage pour vous convaincre au cas où rien n' est détecté.
Cela vous sauvera sans doute la vie.
Certains médecins en effet se sont fait une idée idéalisée et aberrante des " bonnes pratiques " que la triste gestion droitière, calculatrice mais piètre comptable de la sécurité sociale soumet à leur exercice, -ce dont ils peuvent très largement se décoller-. D' autres médecins sont hélas très incompétents. D' autres encore ont des comptes à régler pour des raisons transférentielles avec certaines professions, psy notamment mais d' autres aussi.
Une amie infirmière psychiatrique en Alsace à qui son médecin a dit que " c'était dans la tête ", jusqu' à ce qu'elle aille consulter un rhumatologue qui blêmit en lui découvrant une maladie de Hodgkin au stade IV; une autre amie infirmière, dans les pyrénées, déja soignée auparavant pour un cancer, que son médecin refuse d' écouter durant quelques mois, malgré ses protestations, jusqu' à ce que la petite tache grossisse; moi-même, qu'un spécialiste de la bouche a rassuré après une biopsie bâclée au cabinet, assurant qu' il s'agissait de stress, (-intéressant, n' est-ce pas, le stress : pas de preuve, pas d' argument, et surtout, pas de contenu psychique); et à qui un médecin, averti pourtant des antécédents, a à nouveau refusé un scanner sous le prétexte " qu'on n' en fait pas pour cela " ... et pour finir, reçoit une engueulade (polie tout de même si un fort déplacée) de l' orl (très chaleureux) consulté à l' IRC de Toulouse, pour devoir avoir été suffisamment averti pour ne pas "laisser traîner" ... -et la confiance faite au médecin ? - Encore faut-il qu'il en soit digne.
Je n' ai pas cherché à collationner les histoires : mais chaque fois que j' ai posé la question à un malade atteint gravement j' ai trouvé en antécédent le récit d'un médecin qui avait refusé d' écouter.
Concernant ce qui m' arrive, et pour élever le débat, il se trouve que le médecin que j' ai consulté dans le village de N. (32), fait partie d' un groupe de médecins qui se réunissent régulièrement pour discuter de leurs « cas » ; ils ont cette tradition du « premier patient du mardi matin » dont ils font récit après tirage au sort; en voilà au moins un qui sera un peu mieux traité ; ces réunions se font « à la Balint » , mais sans psychanalyste, et ce, alors que jamais seulement l'un d'entre eux eût été en analyse ou eût jamais participé à un vrai groupe Balint. D' ailleurs, une des participantes me l'a assuré, tous les participants se sont formés en quelques week-ends à la programmation neuro-linguistique, (la trop fameuse PNL), dont ils ont eu grâce à sa publicité autoréférente et massive, pratique grâce à laquelle les participants se trouvent dès lors à leurs yeux parés, mais de quoi donc ? D'une très imaginaire maîtrise de la communication ; qui n'est rien d'autre que la croyance fermement martelée, par des techniques d'hypnose, de l' adéquation pleine et entière entre leur pensée projetée sur l' autre et la réalité de l' autre. Il est facile d'en convaincre des individus que leur formation ne prépare pas au maniement critique de concepts psychologiques ou philosophiques qui demandent des années d'études critiques et de préparation éristique, heuristique, et méthodologique. Les effets de transferts latéraux ne sont même pas entr' aperçus et pire, soupçonnés. C' est en somme le règne de l'innocence paradisiaque, où l' arbre de la connaissance, c'est la reconnaissance par l'autre de l'intention noble de soigner bien ; alors il n'y a rien à chercher ailleurs, tout ce qu'il pourrait y avoir à savoir est supposé déjà su dans le groupe ; et ce qui se trouve divisé dans ce partage, et perd de sa densité dans ce type de division, c'est l' hypothèse même qu' une telle structure groupale dispose du savoir pertinent pour aborder les questions transférentielles, alors qu'il n'en a ni le concept, ni la méthode, ni les exigences éthiques. Rien de bon ne peut émerger d'une pratique telle, on ne peut en attendre que des dégâts dans un contexte de méconnaissances et de dénis.
Ainsi l'on voit comment l' ignorance, dont Lacan rappelait, après Descartes, le caractère passionnel, trouve ses alliances avec les délires partagés pour protéger des pratiques perverties (celle des groupes Balint), perverses (PNL), mortifères (association de méconnaissances), et de ce fait crée et propage des maladies iatrogènes sous le meilleur prétexte de rationalisation des soins et des coûts, tout cela vous a un petit goût de thé chez la baronne, en toute innocence pétris de bons sentiments. L' éthique médicale existe, elle est très exigeante, c'est très dommage que si peu de médecins soient assez rigoureux, humbles et honnêtes pour se tenir à sa hauteur ; mais il y en a, j' en fréquente quelques-uns, qui m'ont convaincu qu' il y a une possibilité de dialogue entre médecins et psychanalystes, entre médecine et psychanalyse. Les psychanalystes consultent des médecins, et il est beaucoup moins massivement reçu que les médecins consultent les psychanalystes. C'est bel et bien du côté des médecins que se trouve la résistance massive, le repli quasi psychotique à l' encontre de la psychanalyse, et il n'est malheureusement pas rare d' entendre, au cours même d'une consultation chez un médecin, les propos les plus scabreux, faux, méprisants à l'égard de la psychanalyse et des psychanalystes : une telle réaction face à un névrosé qui demande une introduction conduit plus d'une fois à une aggravation que la chimiothérapie souvent inadaptée, -l'essentiel de la formation des médecins étant effectuée par les visiteurs envoyés par les laboratoires pharmaceutiques- , et quand ce n' est pas qu' une aggravation, aboutit trop souvent à des suicides qu'on peut dire directement provoqués par la surdité et le manque de tact, pour ne pas parler de la psychopathologie du médecin, enterrée sous un fatras défensif contre la psychanalyse qui provoque une réaction contre-transférentielle agressive mortifère chaque fois qu' un patient, pour son malheur, demande conseil ; je ne suis à ce jour, pas du tout convaincu que seule le masochisme de tel patient dans le choix de son médecin soit la seule mise en cause possible dans ce type « d' accident » que l' on pourrait très largement éviter si l'Ordre des Médecins s'occupait de ses propres charlatans au lieu de les pousser à combattre des cliniciens qui eux au moins savent de quoi il retourne et ne comprennent pas très bien pourquoi ils devraient encore continuer longtemps à se taire sur des pratiques insoutenables dans quelqu' ordre que ce soit.
Vous n'oubliez pas, si vous pratiquez ce blog ponctuellement, qu'il est issu de la chasse aux sorcières contre les psys initiée par un médecin sous le prétexte mauvais d'une vengeance personnelle, dont le fait déclencheur n'est d'ailleurs établi que très vaguement, par un simple dire qui demande à être cru sur parole, la parole d'un qui vaut mieux que faits, arguments et preuves ; qu'une telle chasse au sorcière fasse suffisamment de bruit pour mener l'agitateur à une position éminente, c'est une chose étrange; que les conséquences de l'agitation soient ensuite étouffées car elles pourraient bien profiter aux psys quand on souhaitait qu' elle les éliminât, c' est encore plus étrange. Il faudra bien un jour que l' instigateur s' explique devant le tribunal de la raison.
Mais le constat que cette campagne, qui a agité le bonnet des médecins, et dans le sens innocemment imprévu de faire entendre à certains d' entre eux, qu'ils devaient largement user de leur position, ou pour refuser de soigner, ou pour refuser d' indiquer, et jusqu'à déconseiller les seuls soins adaptés, laisser mourir les patients venus là en toute confiance, ce constat n'est pas étrange, mais amer, et malheureusement, réaliste. J'invite les spécialistes de l'inconscient que mes propos choquent d'en débattre ici ou par e-mail. Je ferai ici état quoi qu'il en soit des protestations éventuelles de mes collègues si certains devaient trouver mes propos déplacés. Cela nous mènera sans doute à des perspectives intéressantes sur la création des paranoïas plurielles.
Cela étant, il y a également des pôles d'excellence, des lieux pour lesquels le terme n'est pas ridicule. L' IRC de Toulouse en est un exemple, et cela s'y manifeste à chaque endroit et à chaque corps de métier, compétence, ouverture, gentillesse, sourires. Quelque chose qui ne se simule pas, croyez-moi. C'est très dommage que cette excellence serve trop souvent à rattraper les dégâts provoqués en amont par des consignes contradictoires, contre productives, incohérentes sauf dans leur létalité.
Pour ne pas terminer sur une note triste, tous mes remerciements à mes amis médecins de leurs efforts, de leur courage, de leur pugnacité dans ces temps d' aberrations géantes.
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Didier Kuntz
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lundi, mai 26, 2008
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Libellés : alliance thérapeutique, la cantonnade, législation, psychanalyse et médecine, pulsion de mort, savoir clinique en question, victimisation
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Didier Kuntz
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vendredi, avril 11, 2008
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Libellés : images
L'essentiel a-t-il un avenir?
L'essentiel, blog mal nommé puisqu'en tapant « l'essentiel » sur les moteurs de recherche on trouve l'essentiel de la coiffure et ce que vous voudrez d'autre allant de l'automobile à « l'Humanité ». En inscrivant « l'essentiel de la psychanalyse », vous aurez plus vite trouvé l'article wikipedia sur « le livre noir de la psychanalyse », (qui est finalement la cause première de ce blog!), que ce blog même... Je remarque en outre en étudiant quelques statistiques que beaucoup de lecteurs arrivent ici parce qu'ils cherchent des renseignements sur le rêve, etc... (avis aux collègues qui désiraient des précisions, me contacter).
Ce que je voudrais préciser aujourd'hui à ses abonnés aux flux RSS ainsi qu'aux autres lecteurs assez réguliers de ce support, qui ont peut-être constaté les derniers temps une activité moindre, c'est que j'ai été amené à relâcher mes efforts de ce côté-ci, d'une part parce que j'ai un article à terminer pour une revue en langue étrangère, (publication bilingue, avis au amateurs, précisions dès parution), et que d'autre part, j'ai été rattrapé par des problèmes de santé, qui m'ont conduit à arrêter toute activité de consultations et de séances depuis il y a quelques jours jusqu'à début juillet.
Le maintien en vie de ce blog me demande donc plus d'effort que d'habitude, mais par fidélité envers ses lecteurs, mes amis, collègues, « compagnons de lutte »(!), autant que possible je continue pour autant que j'ai les mains libres et un ordinateur relié au web à portée de corps, (la voilà la place du corps dans l'espace virtuel!).
Autant dire que les témoignages de sympathie seront accueillis avec la gravitude qui convient.
Quelques conséquences : le numéro 3 de « l'essentiel underground papers » qui est la version papier de ce blog, (voir éditions des branas), que je prévoyais pour juin ou juillet, sera probablement retardé d'un mois ou deux, et devrait compter environ une centaine de pages, alors que le premier numéro qui est un numéro double, en compte 155 dont une quarantaine de photos. D'autre part, ayant choisi de saisir au bond, de traiter de ce que j'ai à ma portée, il est possible que pour quelques temps, la suite du blog traite davantage des rapports entre médecine et psychanalyse, et ce, un peu comme de coutume, pour ceux qui y sont sensibles, à la manière du journalisme gonzo, les lecteurs de Hunter S. Thomson s'en étaient avisé, je l'espère.
Quoique cette référence ne fasse pas forcément de ce blog le pendant psychanalytique de « Las Vega parano », je suis tout de même conduit à me demander d'où vient la maladie qui me frappe, d'autant que quelques amis me susurrent, mais enfin, n'est-ce pas un peu étrange, que toi, psychanalyste, tu sois atteint de cette chose justement à cet endroit... Alors si seulement je pouvais répondre à tous en une fois pour éviter de me lasser à chasser les intentionnalités ambigües de mes entours ! Oui, sans doute, il peut y avoir quelque chose qu'on appelle somatisation, mais d'abord, trouvez moi un médecin qui m'en démontre l'arc réflexe, sans quoi, l'on est dans le champ de l'imaginarisation du symbolique, ou au mieux, de la symbolisation de l'imaginaire ; mais toute la question, c'est de savoir celui de qui, entre ma personne et celle qui me parle. Cela d'une part. Et d'autre part pour autant que je puisse imaginer des causes pathogènes à un certain nombre de choses qui m'ont atteint les dernières années, je tirerais d'abord mon chapeau aux thérapeutes qui se sont amusés à me qualifier de raver de manière telle qu'en typant mon nom sur google on trouve d'abord leur méchante prose, -s'en prendre à un individu isolé, quel courage-, et s'ils réussissent à me rendre malade de leurs assertions, sans doute devraient-ils être capable de m'en guérir; enfin je vous ferai savoir publiquement leurs excuses dès réception, advienne que pourra- . Et ensuite, mais loin derrière, j'incriminerais des trahisons, des manquements et oublis.
Et puis, je soulignerais que ceux qui, de mon proche entourage, ont nettement, formellement et fortement marqué leur soutien et leur amitié, avec une mention spéciale pour Mont de Marsan, m'ont certainement permis de ne pas y laisser la peau. Comme dit Serge, « azoï iz es ». Tout cela permet largement d'oublier les boudeurs qui font encore le tournedos.
Cela étant dit, les lecteurs de la version papier du blog m'ont dit qu'il était agréable de la manier, de la prendre en main, d'en lire quelques lignes, puis d'y regarder quelques images ; agréable à poser et à reprendre : en somme la lecture idéale de salle d'attente, dans son oecuménisme même; elle pourrait même être chic chez les médecins et dentistes, mais enfin, j'avais plutôt pensé aux collègues psychanalystes et psychologues, en décidant d'une version papier. Il est vrai que le numéro double peut paraître un peu cher, mais pas plus que d'autres revues... Comme c'est de la micro-édition, rareté, il faut une quinzaine de jours pour le recevoir, mais comme cela paraît tous les six mois... Et puis, ne pas oublier qu'on ne le trouvera jamais en librairie...
Alors voilà, cette note supplique publicitaire étant à nouveau jouée aujourd'hui dans ces conditions et avec cette annonce, il est évident que l'avenir du blog et de « l'essentiel underground papers » s'avère avoir à tendre vers une dimension critique d'autant plus incisive et lourde que le temps de lecture sera allégé; c'est à dire, si je n'ai droit qu'à un mot pour me faire entendre, ce sera, par exemple, le rut d'abracadabrut!
Z'à une prochaine, mes amis.
D.K.
Publié par
Didier Kuntz
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vendredi, avril 11, 2008
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Libellés : aaller à l'essentiel underground papers, psychanalyse lacanienne, psychosomatique, pulsion de mort, rêve, virtualisation du corps